L'Allemand Sebastian Vettel (Red Bull), en remportant dimanche à Valence la victoire au Grand Prix d'Europe de Formule 1, sa sixième en huit courses, dispose d'un tel avantage au classement qu'il semble (déjà) assuré d'un deuxième titre consécutif de champion du monde.

Joris Fioriti AGENCE FRANCE-PRESSE

Ses 77 points de marge sur ses dauphins, son coéquipier l'Australien Mark Webber et le Britannique Jenson Button (McLaren), se passent de commentaire. Un succès valant 25 points, Vettel a d'ores et déjà plus de trois victoires d'avance. Un exploit, à ce stade de la saison, qui le place au niveau des plus grands.

Avant lui, seuls des pilotes de légende, l'Italien Alberto Ascari (1952), l'Argentin Juan Manuel Fangio (1954) ou les Britanniques Jim Clark (1965) et Jackie Stewart (1968) avaient réussi une telle entame, que plus récemment les Nigel Mansell (1992), Damon Hill (1996) et Jenson Button (2009), tous du Royaume-Uni, ont su imiter.

Et que dire de l'Allemand Michael Schumacher, capable de gagner six des huit premières épreuves à trois reprises (en 1994, 2002 et 2004 - il remporta cette dernière année 11 des 12 premiers GP du calendrier)? Que comme tous les pilotes précédemment cités, une telle prééminence lui permit d'être sacré au final.

Les statistiques assurent donc Sebastian Vettel d'être champion. Aucun pilote ayant réalisé un départ aussi tonitruant n'a jamais été rattrapé par la suite. Ce qui, dans le cas de l'Allemand, paraît de toute façon impossible, tant son emprise sur le championnat est forte.

Car "Baby-Schumi", son surnom en Allemagne à ses débuts, ne fait pas que gagner. Il humilie aussi, s'appuyant sur un scénario invariable: position de tête (7 en 8 Grand Prix), bon départ, premiers tours à un rythme de folie, pour disposer de quelques secondes de marge sur ses poursuivants, puis gestion de la course et au final victoire.

 

Ascendant

La mécanique huilée s'est toutefois grippée à deux reprises cette saison, permettant aux pilotes McLaren, Jenson Button et son compatriote Lewis Hamilton, de s'imposer respectivement au Canada et en Chine.

Dans ces deux cas, le succès a été acquis aux dépens de Vettel dans les dernières minutes (à Shanghai), voire dans les ultimes secondes (à Montréal). Dans les deux cas aussi, Vettel, qui était en tête de course, avait terminé deuxième. Six victoires, deux deuxièmes places et 186 points glanés sur 200 possibles: son début de l'année donne le tournis.

Deux facteurs permettent d'expliquer cette hégémonie. Son mental, d'abord. Vettel sort d'une année 2010 très disputée, au terme de laquelle il s'est quand même imposé, à la dernière course de la saison, devant l'Espagnol Fernando Alonso (Ferrari), Webber et Hamilton, trois pilotes encore en lutte pour le titre à Abou Dhabi.

L'ascendant que lui a procuré ce sacre est notable. L'Allemand ne panique plus, il contrôle. Sa maîtrise stratégique fait penser au plus expérimenté des pilotes, alors que Vettel n'aura que 24 ans le 3 juillet.

Le leader au général dispose également d'une voiture hégémonique. La Red Bull s'est adjugée toutes les pole positions du début de saison - 7 pour Vettel, 1 pour Webber -. Et, contrairement à l'an passé, quand trois pannes l'avaient privée de 63 points, elle est désormais très fiable.

La marge de manoeuvre de la concurrence, divisée entre McLaren et Ferrari, est désormais bien faible. Sauf invraisemblable retournement de situation, une deuxième couronne ceindra bientôt le front de Sebastian Vettel.

Photo AFP

Sebastian Vettel a remporté dimanche à Valence son sixième Grand Prix sur les huit disputés jusqu'à maintenant en 2011.