On craignait que la F1 perde de son intérêt avec le départ de ses personnages les plus riches- Schumacher, Villeneuve, Montoya. Mais lorsqu'on observe la grille de départ de ce premier Grand Prix de l'année, force est d'admettre que l'intérêt ne manque pas.

Christian Tortora COLLABORATION SPéCIALE

On craignait que la F1 perde de son intérêt avec le départ de ses personnages les plus riches- Schumacher, Villeneuve, Montoya. Mais lorsqu'on observe la grille de départ de ce premier Grand Prix de l'année, force est d'admettre que l'intérêt ne manque pas.

L'arrivée de jeunes pilotes talentueux apporte un vent de fraîcheur sur le paddock, qui en a parfois bien besoin. Au premier chef, Heikki Kovalainen et Lewis Hamilton retiennent l'attention. Flavio Briatore a dit du Finlandais qu'il était un digne héritier de l'ex-champion Renault, Fernando Alonso. Et s'il est une chose qu'on ne peut enlever au bouillant Italien, c'est son flair dans la découverte de nouveaux talents.

Quant à Hamilton, il a tout brûlé dans sa marche vers la discipline reine du sport automobile. Champion 2005 de F3 Euroseries, il a enlevé les grands honneurs de la série GP2 à sa première année dans l'antichambre de la F1. Certains regrettent qu'il n'ait pas eu le temps de se faire la main comme pilote d'essai. «Il aurait été mieux armé pour résister à la pression si on lui avait offert le bénéfice de l'expérience», a glissé David Coulthard aux collègues de l'Agence France-Presse. Pression qui pourrait provenir de son écurie même: McLaren compte renouer avec la victoire, un plaisir qui lui échappe depuis 2005, en misant sur Alonso. «La première personne à qui vous vous comparez, c'est votre équipier, ajoute Coulthard. Si Lewis a du mal par rapport à Alonso, cela pourrait détruire sa confiance.»

Les changements de volant rendent la chose encore plus intéressante. Tous ont des choses à prouver: Renault qu'elle peut se passer d'un champion, Alonso d'une écurie, Raikkonen qu'il est aussi talentueux qu'on le dit, et Massa que son tour est enfin venu. BMW Sauber prétend qu'elle cogne enfin à la porte des grands et on pourrait bien le croire.

L'évolution des règlements ajoute au nivellement du championnat. Ferrari possède bien sûr plus d'expérience dans l'utilisation des pneus Bridgestone. Mais je ne suis pas sûr de regretter les interminables questionnements qu'engendrait à chaque week-end le choix des pneus. Les moteurs eux-mêmes ne pourront plus évoluer au cours de la saison. Et ils seront limités 19 000 tours/minutes pendant les épreuves.

Maintenant, c'est égal pour tout le monde. Au talent de parler.

Propos recueillis par Jean-Sébastien Gagnon