Il a beau dire que la saison est encore longue, que des courses plus difficiles seront bientôt disputées, mais Max Verstappen a pris dimanche une option sérieuse sur le titre de champion du monde de Formule 1 en remportant le Grand Prix d’Autriche.

Michel Marois
Michel Marois La Presse

Parti de la position de tête au volant de sa Red Bull, le Néerlandais a fait la course en tête sans jamais être inquiété, terminant avec plus de 17 secondes d’avance sur le Finlandais Valtteri Bottas (Mercedes) et le Britannique Lando Norris (McLaren). Avec trois victoires de suite et déjà cinq victoires cette saison, Verstappen a porté à 32 points (182-150) son avantage sur le septuple champion du monde britannique Lewis Hamilton, lointain quatrième dimanche.

« J’espérais une bonne course, mais pas aussi bonne, s’est exclamé le vainqueur à l’arrivée. La voiture était sur des rails, et le rythme était incroyable avec les deux trains de pneus. C’est difficile de mettre en mots le plaisir qu’on ressent quand la voiture est aussi performante. Nous allons le célébrer, c’est certain, et espérer que nous pourrons conserver cet élan pendant toute la saison. »

PHOTO CHRISTIAN BRUNA, REUTERS

Max Verstappen

Verstappen a aussi tenu à souligner le soutien bruyant des milliers de partisans portant les couleurs des Pays-Bas. « C’était incroyable de voir tout cet orange dans les gradins et vraiment bien de retrouver tant d’amateurs [plus de 140 000 pour le week-end]. »

Le directeur de Red Bull, Christian Horner, a voulu se montrer réaliste.

« Il y a encore plusieurs courses à disputer, et nous ne tenons rien pour acquis, nous efforçant de continuer à travailler systématiquement, session après session, course après course. Silverstone [où sera disputé le prochain Grand Prix] a été un château fort de Mercedes depuis sept ans, mais nous y avons aussi de nombreux partisans et nous avons hâte de leur offrir notre meilleure performance. »

Avec la sixième place du Mexicain Sergio Pérez, Red Bull a encore augmenté son avantage en tête du championnat des constructeurs, avec 286 points contre 242 pour Mercedes.

Mercedes plaide la malchance

Chez Mercedes, la deuxième place de Bottas n’a évidemment constitué qu’une mince consolation. Hamilton n’a jamais été en position de l’emporter, mais il peut cette fois blâmer des ennuis mécaniques qui lui ont enlevé toutes ses chances d’inquiéter Verstappen.

« Ce n’est pas le résultat que j’espérais, mais nous avons quand même sauvé de bons points, a souligné Hamilton. J’ai abîmé le dessous de la voiture en début de course, l’arrière de la voiture est devenu instable et c’est devenu de plus en plus difficile. Sans cela, j’aurais fini deuxième, mais Max est loin devant en ce moment. Il faut améliorer la voiture et offrir de meilleures performances… »

Bottas était plus satisfait de son résultat. « Personnellement, finir à la deuxième place, après être parti de la cinquième, ce n’est pas un mauvais après-midi. Nous avons aussi obtenu de bons points pour l’équipe, compte tenu de l’écart qui nous sépare de Red Bull actuellement. »

« L’écart actuel [avec Red Bull] est un peu trompeur », a dit quant à lui le directeur de Mercedes, Toto Wolff.

« S’ils n’avaient pas été bloqués par [Lando] Norris en début de course, Lewis et Valtteri auraient pu rouler plus près de la tête. Je crois que nous avons progressé et que nous serons bientôt en mesure de nous battre à nouveau pour la victoire. »

Norris encore sur le podium

Le pilote du jour a encore été Norris, solide troisième (son troisième podium de la saison). Le jeune Britannique est le seul pilote qui ait marqué des points à chaque course cette saison et sa constance lui permet de se mêler à la lutte pour la troisième place au championnat des pilotes.

Seul bémol, le pilote de l’équipe McLaren a été pénalisé de cinq secondes après avoir poussé Pérez hors de la piste.

« Je suis très heureux de ce résultat, a-t-il déclaré à l’arrivée. Un autre podium, beaucoup de points pour l’équipe [avec la septième place de l’Australien Daniel Ricciardo], vraiment une bonne journée. »

Ma petite déception est le fait que j’aurais pu être deuxième, mais c’est aussi positif de penser que nous avons maintenant le rythme pour rivaliser avec les meilleurs et avec les Mercedes.

Lando Norris

Derrière Hamilton, l’Espagnol Carlos Sainz (Ferrari) a encore profité d’une excellente fin de course pour se glisser à la cinquième place, devant Pérez, Ricciardo et son coéquipier monégasque Charles Leclerc, qui aurait pu mieux faire, n’eût été de deux accrochages avec Pérez.

Le Mexicain, sans doute frustré d’avoir subi le même sort (face à Norris), a écopé de deux pénalités de cinq secondes pour avoir poussé deux fois Leclerc hors de la piste lors de tentatives de dépassement. « Je ne suis pas certain d’être vraiment dans le tort, surtout la deuxième fois, mais je suis désolé d’avoir gâché la course de Charles », a sportivement assuré le pilote de Red Bull.

Le Français Pierre Gasly (Alpha Tauri) et l’Espagnol Fernando Alonso (Alpine) ont complété le top 10, tout juste devant le jeune Britannique George Russell, qui a réalisé des prouesses ce week-end sur sa Williams et qui n’a cédé la 10e place qu’à la toute fin.

Stroll et Vettel ont perdu leur pari

Chez Aston Martin, le Québécois Lance Stroll et l’Allemand Sebastian Vettel n’ont pu confirmer en course leurs bons résultats des qualifications. Respectivement 13e et 17e, les deux pilotes ont été victimes d’une mauvaise stratégie.

PHOTO JOE KLAMAR, AGENCE FRANCE-PRESSE

Lance Stroll

Ce n’était sans doute pas la meilleure idée de partir sur des pneus tendres. Nous sommes restés parmi les meneurs au début, mais nous avons vite dû stopper pour monter des pneus durs et nous n’avons jamais pu remonter par la suite en raison du trafic.

Lance Stroll

Longtemps mieux placé que son coéquipier, Vettel n’a pu atteindre l’arrivée après un accrochage avec son ancien partenaire de Ferrari Kimi Räikkönen (Alfa Romeo) en fin de course. « Je pense qu’il ne m’a tout simplement pas vu…, a souligné l’Allemand, fataliste. De toute façon, nous ne pouvions plus marquer de point. »

Après deux bonnes courses, Stroll espère que le résultat de dimanche n’est qu’un accident de parcours.

« C’est décevant de terminer cette série de trois courses de cette façon, mais je crois que nous avons progressé depuis un mois, a-t-il jugé. Cela est de bon augure avant le Grand Prix de Grande-Bretagne, à Silverstone, juste à côté de notre usine. Le circuit est très différent, et nous aurons aussi un nouveau format, avec les qualifications le vendredi et une course sprint le samedi. Une bonne occasion pour repartir à neuf ! »

De son côté, le Canadien Nicholas Latifi s’est contenté du 16e rang au volant de sa Williams au terme d’une course sans histoire, mais aussi sans le panache de son coéquipier, à l’arrière du peloton.

Consultez le classement du Grand Prix d’Autriche

Prochaine épreuve : Grand Prix de Grande-Bretagne, sur le circuit de Silverstone, le 18 juillet