Max Verstappen a vengé dimanche sa cruelle déception du Grand Prix d’Azerbaïdjan en remportant de façon spectaculaire le Grand Prix de France sur le circuit Paul-Ricard au Castellet. Le Néerlandais a doublé son grand rival Lewis Hamilton à deux tours de l’arrivée pour filer vers la victoire et accentuer son avantage en tête du Championnat du monde.

Michel Marois
Michel Marois La Presse

« Remporter cette course, après la déception de Bakou, est très satisfaisant pour toute l’équipe Red Bull et, avec un autre double podium, cela démontre tout le travail accompli par tout le monde, ici, mais aussi à notre usine de Milton Keynes et chez Honda », a souligné le vainqueur en point de presse.

« Bien sûr, j’aurais préféré faire la course en tête, mais cela n’est pas aussi simple. J’ai commis une erreur au départ, et Lewis en a profité pour me doubler. Je ne pouvais le doubler, mais j’ai profité du changement de pneus pour reprendre l’avantage. Les Mercedes poussaient très fort derrière moi, et nous avons décidé d’y aller avec deux arrêts pour bénéficier de meilleurs pneus à la fin. »

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Lewis Hamilton, Max Verstappen et Sergio Pérez

« Ç’a été difficile de revenir sur Lewis avec tous les retardataires à passer, mais ç’a été une belle bataille et j’ai pu le passer sans trop d’ennuis, a-t-il ajouté. On voit à chaque course à quel point nos deux équipes sont proches l’une de l’autre, et je pense que ce sera comme ça jusqu’à la fin du championnat. »

Avec aussi le meilleur tour en course, Verstappen a porté à 12 points (131-119) son avance sur Hamilton. Et avec la troisième place de son coéquipier Sergio Pérez, Red Bull dispose maintenant d’une priorité de 37 points (215-178) sur Mercedes en tête du Championnat des constructeurs.

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Sergio Pérez et Max Verstappen

« Il y a très peu de différences entre nos voitures, et nous devons continuer de pousser et de chercher toutes les façons d’être plus performants, a souligné le directeur de Red Bull, Christian Horner. On ne peut rien tenir pour acquis, mais nous allons tenter de garder cet élan la semaine prochaine en Autriche pour la première de deux courses “à la maison”. »

Résignation chez Mercedes

Chez Mercedes, Lewis Hamilton et le directeur Toto Wolff se sont montrés résignés après cette « défaite » sur un circuit où Hamilton avait été dominant lors des dernières présentations du Grand Prix de France.

« Félicitations à Max et à Red Bull, ils ont fait un meilleur travail que nous aujourd’hui, a concédé Hamilton. Les Red Bull étaient plus rapides en ligne droite et, après nos ennuis des essais, je suis content de ce résultat. J’étais en tête, certes, mais je n’avais plus de pneus et je n’ai rien pu faire contre Max à la fin. »

Il va falloir trouver de la vitesse, c’est certain. Nous avons perdu du temps en ligne droite aujourd’hui et il va falloir trouver une solution, que ce soit avec plus de puissance ou de meilleurs réglages aérodynamiques.

Lewis Hamilton

« Cela dit, nous avons encore une excellente voiture et, même s’ils avaient une meilleure stratégie aujourd’hui, c’est surtout l’usure accélérée des pneus avant qui m’a coûté la victoire », a ajouté le pilote.

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Max Verstappen suivi de Lewis Hamilton sur le circuit Paul-Ricard

De son côté, Wolff a reconnu que l’équipe avait été prise au dépourvu. Après la course, le stratégiste en chef James Vowles s’est excusé à Hamilton par radio : « Celle-là [cette défaite] est de notre faute, désolé. Merci de t’être battu quand même jusqu’au bout. »

Le champion du monde de 2016, Nico Rosberg, aujourd’hui analyste à la télévision, a critiqué la gestion de la course de son ancienne équipe, et son remplaçant Valtteri Bottas a été encore plus tranchant. Après qu’on lui a expliqué qu’il n’effectuerait qu’un arrêt, le Finlandais s’est exclamé à la radio : « Pourquoi m**** personne ne m’écoute-t-il quand je dis que je veux faire deux arrêts ?! F***ing hell. »

Alors qu’il roulait très près des deux meneurs après les premiers arrêts, Bottas a vu ses pneus se dégrader encore plus rapidement que ceux d’Hamilton et il n’a pu résister au retour de Pérez. « C’est vraiment décevant parce que la bonne stratégie aujourd’hui était vraiment d’arrêter deux fois. J’aurais pu gagner… »

Après sept saisons de domination sans partage, Mercedes va devoir retrouver un esprit combattif qui semble avoir laissé place à une certaine complaisance cette année.

Une affaire de pneus en milieu de peloton

Derrière les quatre pilotes des équipes de pointe, le cinquième Lando Norris a été relégué à 50 secondes. Le pilote de l’équipe McLaren a devancé son coéquipier Daniel Ricciardo, Pierre Gasly (Alpha Tauri), Fernando Alonso (Alpine), Charles Leclerc (Ferrari) et les deux pilotes de l’équipe Aston Martin, Sebastian Vettel et Lance Stroll.

C’est vraiment un résultat inattendu pour notre équipe. Je ne croyais pas que nous aurions le rythme pour faire aussi bien, mais nous avons réussi à bien gérer nos pneus, même si, comme tout le monde, c’était vraiment compliqué aujourd’hui.

Lando Norris

Très bien placés après les qualifications, les pilotes de l’équipe Ferrari ont connu une journée très difficile. Cinquième sur la grille, Carlos Sainz n’a pu faire mieux qu’une 11e place. « C’est évident que nous avons un problème avec la gestion des pneus sur ce genre de circuit où la dégradation est plus élevée, a estimé l’Espagnol. Aujourd’hui, nous avons perdu une ou deux secondes au tour sur des pilotes que nous devancions samedi ou vendredi. »

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Charles Leclerc (Ferrari) devant Lando Norris (McLaren) et Pierre Gasly (Alpha Tauri)

Au classement des équipes, McLaren en profite pour solidifier sa troisième place avec 110 points, devant Ferrari (94), Alpha Tauri (45) et Aston Martin (40).

Vettel et Stroll dans les points

Piégé en qualification par un drapeau rouge qui l’a relégué à la dernière place sur la grille de départ, Lance Stroll a fait une belle course pour revenir à la 10e place. « J’étais bien dans la voiture et nous avons pu rouler à un bon rythme, a-t-il expliqué en point de presse. C’est habituellement difficile de doubler ici, mais j’ai pu devancer plusieurs voitures en piste, même si les conditions étaient changeantes en raison du vent et, surtout, des pneus qui se dégradaient rapidement pour tout le monde. Vers la fin de la course, beaucoup de pilotes éprouvaient de la difficulté à trouver de l’adhérence, et ça m’a permis de finir dans les points. Nous avons progressé en course, mais il y a encore beaucoup à faire pour vraiment se mêler à la lutte pour la troisième place au Championnat des constructeurs. »

De son côté, le Torontois Nicholas Latifi s’est contenté du 18e rang au volant de sa Williams. Alors que son coéquipier George Russell réussissait à remonter à la 12e place, Latifi s’est battu toute la journée avec une voiture dont l’adhérence était précaire. « Il n’y avait rien à faire avec notre premier train de pneus, et ce n’est que dans les derniers tours que le deuxième est devenu plus efficace, a expliqué le Torontois. C’était hélas trop tard pour changer le résultat. »

Consultez le classement du Grand Prix de France

Prochaine épreuve : Grand Prix de Styrie, sur le Red Bull Ring à Zeltweg, en Autriche, le 27 juin