(Montréal) Loin d’être aussi déprimé qu’en novembre dernier, le promoteur François Dumontier a indiqué jeudi qu’il croit fortement qu’il pourra accueillir des spectateurs au Grand Prix du Canada en juin 2021.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne

Le mois dernier, le patron d’Octane Management avait déclaré qu’il était « optimiste, mais réaliste » quant à la perspective que sa course soit présentée sur le circuit Gilles-Villeneuve en 2021.

Dumontier avait notamment cité le fait que si la Direction de la santé publique maintient ses directives au sujet de la distanciation physique et de l’interdiction des rassemblements comme c’est le cas actuellement à Montréal, alors il ne pourrait accueillir de spectateurs dans ses gradins. Ce qui ferait courir le risque que le patron de la F1, Chase Carey, résilie l’entente avec Octane Management.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.

J’ai renouvelé mon optimisme (depuis novembre), à cause des vaccins et des tests de dépistage rapides. Je sais que la F1 veut des spectateurs, et j’ai confiance qu’on aura des spectateurs en juin (au Grand Prix du Canada). Est-ce que ce sera le même nombre que d’habitude ? Difficile à dire. Je crois que 2021 sera une année transitoire.

François Dumontier

Lorsqu’on lui a fait remarquer que Santé Canada a déclaré il y a deux semaines qu’elle comptait avoir vacciné tous les Canadiens d’ici septembre 2021, et qu’en conséquence il serait peut-être favorable de déplacer sa course à l’automne, Dumontier n’a pas bronché.

« Je ne regarde pas la possibilité de déplacer mon Grand Prix à l’automne, dans la mesure où en ce moment, il y a un calendrier de 23 courses et que les week-ends disponibles en automne sont plutôt rares, a-t-il déclaré en entretien exclusif avec La Presse Canadienne. Le risque (avec une course en automne) pour nous, c’est la température. Mais si certains pays inscrits au calendrier ne sont pas en mesure d’accueillir une course pour des raisons sanitaires, que nous sommes dans la même situation, et qu’une ouverture se crée, alors oui… je vais l’analyser. Sauf qu’en ce moment, le Grand Prix est en juin, et c’est là-dessus qu’on travaille », a-t-il répété.

Dumontier a également offert quelques détails supplémentaires quant à la vente des billets en vue de l’épreuve qui sera présentée sur le circuit Gilles-Villeneuve en 2021.

Le facteur Stroll

« Quand le calendrier 2021 est sorti, et quand Lance (Stroll) a obtenu sa pole (en Turquie), nous avons reçu beaucoup de demandes pour des billets, a-t-il confié. On sait qu’il y a un engouement, parce que les gens vont vouloir sortir de chez eux un jour. Ce sera donc quelque part en janvier 2021, même si je n’ai pas de date précise encore. »

Dumontier a souligné que sa relation avec la Direction de la santé publique, qu’il avait dénoncée lors de l’annonce de l’annulation de la course en juillet dernier, s’est améliorée au fil des derniers mois.

« La relation est bonne. Autant j’ai dit en juillet, lors de l’annulation de la course, qu’ils (la Direction de la santé publique) n’avaient pas lu notre plan — une impression qui s’est avérée, parce qu’ils m’ont confirmé qu’ils ne l’avaient pas lu —, autant depuis ce temps-là le canal de communication est ouvert. J’ai donc soumis mon nouveau protocole sanitaire, ils l’ont commenté, l’ont modifié, donc là-dessus ça va bien. J’ai confiance qu’il y aura des spectateurs en 2021, donc on va être appelés à travailler ensemble », a-t-il évoqué.

Quant à savoir à quoi l’expérience ressemblera sur le site, ça reste à déterminer. Dumontier planche sur de nombreux scénarios en vue de 2021, même s’il ignore toujours la proportion des gradins qui seront occupés pour l’occasion.

Ça ne sera pas différent comme expérience pour les spectateurs, mais tout sera à plus petite échelle. Voici un exemple de scénario qu’on envisage : est-ce que le Grand Prix du Canada de 2021 serait réservé exclusivement aux Canadiens ? C’est le genre de scénario sur lequel je travaille au quotidien. C’est un de ceux-là.

François Dumontier

Évidemment, en bon promoteur, Dumontier a rappelé qu’il avait récemment participé à un forum sur la relance économique de Montréal. Il croit en ce sens que le Grand Prix du Canada pourrait jouer un rôle clé à ce chapitre l’été prochain.

« J’entrevois un Grand Prix du Canada avec des spectateurs, et même à effectifs réduits. On travaille là-dessus. J’ai clairement expliqué à la Santé publique que même si notre évènement est en juin, on commence à monter les tribunes en mars », a dit Dumontier, insistant sur la nécessité d’obtenir les autorisations au plus tôt. « Le Grand Prix est une super vitrine pour Montréal, et s’il y a une relance économique à faire, je pense qu’elle passe entre autres par la tenue du Grand Prix », a-t-il conclu.