(Longueuil) Le rugissement des voitures de Formule 1 se fera finalement entendre ce week-end, près de quatre mois après le report de la première course de la saison, en Australie, à cause de la pandémie de coronavirus.

Alexandre Geoffrion-McInnnis
La Presse canadienne

Le championnat 2020 de F1, qui se mettra en branle ce week-end en Autriche, a été chambardé à bien des niveaux depuis le début du printemps, tant dans les garages des équipes qu’à l’extérieur.

Après moult péripéties, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a dévoilé un calendrier condensé de huit courses qui seront présentées à huis clos. Les pilotes demeureront en Autriche un peu plus longtemps qu’à l’habitude, puisqu’ils devront compléter le premier programme double de la saison au même endroit le week-end prochain. Pour l’instant, il y en aura un deuxième à Silverstone, en Angleterre, à la fin du mois de juillet et au début du mois d’août.

Quant à savoir ce qu’il adviendra du Grand Prix du Canada, qui a été reporté à plus tard cette saison, les pourparlers continuent. Toutefois, selon le site spécialisé Poleposition.ca, qui dit tenir cette information de bonne source, le Grand Prix du Canada serait présenté le week-end de l’Action de grâce, soit les 9, 10 et 11 octobre.

De plus, la FIA a déjà indiqué qu’elle comptait présenter un calendrier totalisant une quinzaine de courses en 2020.

Quant au spectacle en piste, les spectateurs ne devraient pas être trop déstabilisés — outre de légères modifications apportées à la grille de départ et à la cérémonie de remise des trophées, pour des raisons évidentes associées à la COVID-19.

La hiérarchie au sein du plateau devrait de nouveau être respectée, ce qui signifie que Lewis Hamilton et l’équipe Mercedes devraient normalement être les favoris pour tout rafler.

Derrière, Ferrari, qui a annoncé le départ de Sebastian Vettel la saison prochaine — il sera remplacé par Carlos Sainz fils —, devrait lutter avec Red Bull pour le deuxième rang du championnat des constructeurs. Et une fois de plus, l’équipe canadienne Racing Point devra en découdre avec les autres écuries en milieu de peloton, dont McLaren et Renault.

« Absolument, il [le pilote Renault, Esteban Ocon] est un pilote qui doit être en Formule 1. Il était très fort avant d’être exclu du plateau en 2019. Je crois que ce sera très serré entre tous les pilotes en milieu de peloton, alors il faudra voir », a déclaré Lance Stroll jeudi matin.

« Nous voulons toujours marquer des points, mais les circonstances font que parfois c’est impossible. Mais oui, avec la voiture dont nous disposons, nous pensons que nous sommes compétitifs, a martelé le Québécois. On a vu ça à Barcelone. Maintenant, on ne sait pas ce que les autres ont fait [pendant la pause], mais on croit que c’est possible de marquer des points chaque week-end. »

Ce qui ne sera probablement pas le cas de l’équipe Williams, qui devrait encore être en queue de peloton en 2020. Toutefois, selon le pilote recrue Nicholas Latifi, il y a des signes encourageants pour l’avenir.

« La plus grande différence [par rapport à 2019], c’est que la voiture a de meilleurs appuis aérodynamiques, elle adhère davantage à la piste, a dit le Torontois âgé de 25 ans. De plus, elle est plus maniable, et elle est plus fiable, ce qui est essentiel pour un pilote. Nous avons fait un grand pas en avant, même s’il reste encore beaucoup de choses à améliorer. […] J’espère que nous nous approcherons des équipes en milieu de peloton. »

Il ne reste donc aux pilotes qu’à offrir le spectacle en piste ce week-end, pour permettre aux amateurs de course de retrouver une certaine normalité dans leur vie.

Le visage de la F1 appelé à changer

D’autre part, la pause a été passablement mouvementée dans les coulisses de la F1. Et la mort tragique de George Floyd, tué le 25 mai à Minneapolis par un policier blanc, n’est pas étrangère à cette situation.

Hamilton, le seul pilote noir de l’histoire à avoir remporté le championnat de F1, a annoncé après coup qu’il voulait mettre sur pied un comité pour favoriser la diversité ethnique et culturelle dans le sport automobile.

« Je dispose d’une plateforme et je crois que ce serait irresponsable de ma part de ne pas l’utiliser pour éduquer les gens, pour m’éduquer et pour qu’on assume nos responsabilités, a dit Hamilton jeudi lors d’une vidéoconférence diffusée par Mercedes. J’essaie de le faire avec toutes les entreprises qui me commanditent, et dans l’industrie du sport automobile. »

Les tensions raciales ont été ravivées par les commentaires de l’ex-patron de la F1, Bernie Ecclestone, qui a récemment déclaré lors d’un entretien à la chaîne CNN que « dans bien des cas, les Noirs sont bien plus racistes que les Blancs ».

En conséquence, Hamilton a juré qu’il « ne cessera de militer pour un avenir inclusif », et la F1 a annoncé le lancement de sa campagne #WeRaceAsOne qui, parmi ses objectifs, vise à hausser la diversité dans le sport et à envoyer un message clair contre le racisme.

« Je suis content de voir que la F1 appuie ce mouvement, parce que je le soutiens personnellement et que je crois que ce sera bénéfique collectivement », a évoqué Stroll.