Depuis le temps qu’on en parle, c’est fait. La nouvelle équipe de basketball professionnel de Montréal est née. Et elle s’appelle l’Alliance de Montréal.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Le grand dévoilement a eu lieu mercredi après-midi entre les murs de l’Auditorium de Verdun, qui sera le domicile de la nouvelle équipe de la Ligue élite canadienne de basketball (LECB).

Une ambiance de fête régnait dans le bâtiment, dans le grand espace qui sépare les patinoires Scotty-Bowman et Denis-Savard, où étaient réunis de nombreux acteurs du milieu sportif montréalais. C’était l’aboutissement d’un long processus mené entre autres par la vice-présidente de l’Alliance, Annie Larouche.

« Je suis très heureuse d’être ici, mais j’ai encore plus hâte de vous retrouver ici, de l’autre côté des fenêtres, alors que vous porterez les couleurs de notre équipe et que vous encouragerez nos joueurs », a-t-elle lancé au micro.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

La mairesse de Montréal, Valérie Plante (au premier plan), accompagnée d’Annie Larouche, vice-présidente de l’Alliance, et de Jean-François Parenteau, maire de l’arrondissement de Verdun

Au cours des derniers mois, plus de 1500 personnes ont participé au sondage pour trouver le nom de l’équipe. Trois d’entre elles ont proposé l’Alliance. Mais le choix final a réellement été fait un jour de mai, alors que Mme Larouche revenait d’une visite chez sa coiffeuse.

« Pendant deux heures, elle m’a dit : “Il faut que ça s’appelle l’Alliance. Quand j’étais jeune, je jouais dehors. C’est ma jeunesse, le basket, et peu importe le genre, l’âge ou la gang à laquelle tu appartenais, tout le monde se retrouvait sur le terrain. C’est la communauté et l’inclusion, c’est rassembleur” », a raconté Mme Larouche à La Presse.

Cette proposition rejoignait parfaitement les différents qualificatifs souvent employés dans les réponses au sondage : « diversité », « inclusion », « multiculturel »…

« Tout de suite après, j’avais une rencontre avec la ligue, se souvient Mme Larouche. On suggérait des noms et j’ai dit : “Attendez, je dois le dire. On me suggère le nom Alliance.” Il y a eu un long silence et Mike [Morreale] a dit : “C’est ça, c’est notre nom.” »

Le logo représente un loup bleu et blanc entouré d’une fine ligne rouge. Une fleur de lys orne le front de l’animal.

Les couleurs rappellent celles d’autres équipes qui occupent une grande place dans le paysage sportif montréalais. On pense évidemment au Canadien de Montréal.

Les loups, qui vivent en meute, « forment un groupe pour chasser leurs proies, comme une équipe qui s’unit pour gagner des matchs », a indiqué Mike Morreale, commissaire de la LECB et ancien joueur de football des Argonauts de Toronto.

« Nous sommes extrêmement excités que vous deveniez un allié, que vous joigniez l’Alliance et que vous fassiez partie de cette équipe », a-t-il dit.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Valérie Plante et Annie Larouche

Talent local

L’Alliance devient la neuvième équipe de la LECB, née en 2019. Les autres formations sont celles de Fraser Valley, d’Edmonton, de la Saskatchewan, de Guelph, de Hamilton, de Niagara, d’Ottawa et de Scarborough. Montréal constitue le plus grand marché du circuit pour la population et la superficie.

« Nous avons construit cette équipe pour continuer de grandir encore et encore. Il y a une raison pour laquelle nous avons pris notre temps pour venir à Montréal : nous voulions le faire comme il faut », a soutenu Morreale, en rappelant le désir de la Ligue d’ajouter une équipe à Québec.

L’arrivée de l’Alliance dans le paysage sportif montréalais permettra naturellement à la population d’avoir accès à du basketball de qualité, a-t-il fait valoir.

« Nous sommes excités par le divertissement que nous amenons, par la qualité du basketball que nous amenons. Il n’y a aucun doute qu’à l’exception des Raptors de Toronto, c’est le meilleur basketball que vous verrez dans ce pays. »

C’est aussi une bonne nouvelle pour les basketteurs québécois, qui auront désormais une option pour jouer à la maison chez les professionnels.

« On a 55 000 membres à la Fédération, dont 45 000 sont des joueurs, a rappelé Annie Larouche. Depuis les cinq dernières années, probablement avec le succès des Raptors, la croissance du basketball au Québec et dans les écoles est exponentielle. »

Rappelons que trois Québécois jouent actuellement en NBA et que pas moins de 30, dont 24 Montréalais, évoluent en NCAA Divison 1.

« Du talent local, on en a, et on a très hâte de donner l’opportunité à nos Québécois de pouvoir jouer chez eux, devant leur famille et leurs amis », a affirmé Annie Larouche.

« Nous voulons des joueurs locaux, pour que les gens puissent se dire : “Je suis allé à l’école avec ce joueur” ou “Il habitait sur ma rue”. Nous voulons faire grandir la communauté », a pour sa part exprimé Mike Morreale.

« On peut très bien imaginer dans quelques années l’impact qu’aura l’Alliance sur la jeunesse montréalaise, a aussi souligné le maire de l’arrondissement de Verdun, Jean-François Parenteau. De grandes stars du basketball, il va continuer d’y en avoir à Montréal. »

La saison de la LECB a lieu de mai à août, après celle de la NBA. L’été dernier, sept joueurs ayant de l’expérience dans la NBA et 17 dans la G-League, le circuit de développement de la NBA, ont joué au sein d’une équipe du circuit canadien.

L’Alliance disputera donc son premier match en mai 2022. La patinoire Scottie-Bowman sera alors convertie en gymnase jusqu’à la fin de la saison.

D’ici là, l’organisation a encore beaucoup de travail devant elle. La prochaine étape sera de nommer son directeur général, ce qui devrait être fait au cours des prochaines semaines, a fait savoir Annie Larouche. Le choix de l’entraîneur-chef et des joueurs viendra ensuite.

Notons qu’il est déjà possible pour les futurs partisans de se procurer un abonnement de saison sur le site web de l’Alliance.

Consultez le site de l’Alliance

Bon pour l’économie

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est réjouie de voir une équipe de basketball s’implanter à Verdun, un quartier « en pleine expansion ».

« C’est indéniable que le basketball est dans le cœur des Montréalais. Ça prend toujours plus d’importance et c’est toujours de plus en plus populaire. »

« C’est bon pour l’économie, a-t-elle ajouté. Tu veux voir un match : tu prends le métro pour venir ici, tu restes et prends un repas ensuite, tu profites de l’environnement. Je pense que ça va amener beaucoup de momentum et d’énergie à la scène sportive montréalaise. »