(Los Angeles) Comment dit-on « back-to-back » en grec ? À défaut d’encore prétendre être champion NBA avec Milwaukee, Giannis Antetokounmpo a conservé son trophée de meilleur joueur de la saison, doublé de celui de meilleur défenseur, comme seuls Michael Jordan et Hakeem Olajuwon l’ont fait avant.

Agence France-Presse

Sur le plan individuel, c’est bien dans ces pas glorieux qu’Antetokounmpo, qui se succède à lui-même au palmarès, marche à seulement 25 ans.

« Voir mon nom se mêler dans la discussion avec les leurs veut dire tellement de choses pour moi », a réagi la vedette.

Il a été placé en première place par 85 des 101 votants (962 pts), devançant LeBron James (Lakers), déjà sacré en 2009, 2010, 2012 et 2013 et qui a recueilli les 16 scrutins restants (753 pts). James Harden (Houston), lui aussi honoré en 2018, est 3e (367 pts) du vote des journalistes.

James a d’ailleurs peu goûté cette répartition des voix pour la première place. « Sur 101 votes, 16 qui m’ont placé en première position, ça m’a fait fait ch… plus que tout », a-t-il confié au sortir de la victoire contre Denver en finale de conférence Ouest (126-114), tout en reconnaissant que son rival avait « réalisé une saison d’enfer ».

L’an passé, Giannis était devenu le deuxième Européen après l’Allemand Dirk Nowitzki (Dallas), en 2007, à recevoir ce trophée Maurice Podoloff. Parmi les douze joueurs ayant réussi un « back-to-back », il est le deuxième non-Américain à le faire après le Canadien Steve Nash (2005, 2006).

Constant progrès

Et il est le deuxième joueur de Milwaukee à conserver ce titre après Kareem Abdul-Jabbar (1971, 1972).

Mais contrairement à son glorieux aîné, le « Greek Freak » (« le phénomène grec ») n’a pas encore conduit les Bucks à un deuxième titre depuis celui remporté en 1971.

Antetokounmpo a encore progressé individuellement et mérite de conserver son trophée-29,6 points à 54,7 %, 13,7 rebonds, 5,8 passes en 30,9 minutes sur 57 rencontres jusqu’à l’interruption de la saison le 11 mars à cause du coronavirus-, et il est évidemment pour beaucoup dans le meilleur bilan de la saison régulière (53-12) réussi par son équipe.

Mais malgré son statut de tête de série N.1 à l’Est, la franchise du Wisconsin s’est fait éliminer par Miami (4-1) en demi-finale de conférence et sa vedette n’a pas pu y remédier, surtout après s’être fait une entorse à la cheville gauche qui l’a privé du cinquième et dernier match.

L’an passé, les Bucks avaient atteint le tour suivant, mais avaient chuté contre les Raptors de Toronto, futurs champions.

Comme il l’a dit juste après l’élimination, pour couper court aux rumeurs, Antetokounmpo a réitéré son souhait de rester. « Quand l’heure viendra, on parlera de mon contrat pour un futur à long terme à Milwaukee », a promis le Grec qui, selon la presse spécialisée, a demandé à ses dirigeants de recruter une autre vedette pour l’épauler dans leur quête ultime commune.  

« Je veux être champion »

« Je veux être champion », a martelé Antetokounmpo, lui dont l’histoire ressemble pourtant déjà à un conte de fées.

Né en Grèce dans une famille d’immigrés nigérians, il arpentait adolescent les rues d’Athènes pour vendre des babioles afin d’aider sa famille à subsister. Et il a eu la chance d’être repéré par des scouts de la NBA alors qu’il portait le maillot d’un club de deuxième division grecque, Filathlitikos.

Depuis qu’il a été repêché en 15e position en 2013 par Milwaukee, cet athlète hors-norme de 2,11 m, doté de mains longues de plus de 30 cm, s’est imposé à pas de géant - avec sa gigantesque foulée - , il peut aller claquer un lancer coulé en partant du milieu du terrain en ne dribblant qu’une seule fois-dans la ligue pour devenir l’un des basketteurs les plus admirés de la planète.

« Ç'a a été un long voyage, mais les gens qui connaissent mon histoire le savent : je ne prends rien pour acquis. J’ai été déçu de ne pas avoir été capable d’aider mon équipe. Je dois m’améliorer », a-t-il souligné.

Et de conclure : « Tant que chacun se bat pour la même chose chaque jour, c’est-à-dire être champion. Pourquoi ne pas l’être les 15 prochaines années ? »