Lancée la saison dernière, la Canadian Elite Basketball League (CEBL) souhaite ajouter une équipe professionnelle à Montréal dès 2021, a appris La Presse.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

La ligue compte sur l’aide de Mark Weightman, ancien président des Alouettes de Montréal et du Rocket de Laval, afin de domicilier l’équipe à l’Auditorium de Verdun.

« Nous sommes optimistes quant à notre plan d’expansion et nous voulons nous implanter au Québec aussi tôt qu’en 2021 », a confirmé le commissaire de la CEBL, Mike Morreale, en entrevue.

« Montréal et le Québec, en général, ont toujours été sur notre écran radar. Ce sont des endroits où l’on anticipe de voir des équipes et cela créerait une autre belle rivalité avec celle d’Ottawa, qui a été ajoutée cette année. Mais nous n’en sommes qu’aux étapes préliminaires [early stages]. »

Après avoir analysé différentes avenues à Montréal et à Laval, la CEBL semble avoir opté pour l’Auditorium de Verdun, dans le sud-ouest de Montréal.

C’est là qu’entre en scène Mark Weightman – qui a préféré ne pas commenter le dossier – dans un rôle de consultant. Son mandat est de négocier auprès du conseil municipal de Verdun afin « de faire adopter la résolution d’un bail pour une équipe de basketball professionnel à l’Auditorium ».

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

L’ancien président des Alouettes de Montréal et du Rocket de Laval Mark Weightman

Morreale, qui a disputé 12 saisons dans la Ligue canadienne de football (LCF) en tant que receveur, connaît Weightman depuis de nombreuses années.

« C’est quelqu’un que je respecte énormément, qui comprend notre business et qui nous suit depuis un certain temps. Il sera impliqué, mais son degré d’implication à l’avenir reste à voir.

« Pour l’instant, il nous aide à être en relation avec les intervenants adéquats, mais aussi à expliquer notre message et notre modèle d’affaires. C’est vraiment important, surtout quand c’est difficile de voyager comme c’est le cas actuellement. »

Weightman joue également un rôle de consultant dans le dossier de l’implantation d’une filiale ECHL du Canadien à Trois-Rivières.

Un propriétaire unique

Même si les discussions ne sont que préliminaires et malgré la crise de la COVID-19, la CEBL a bon espoir de poursuivre rapidement son expansion à travers le pays.

L’automne dernier, Morreale espérait miser sur quatre équipes supplémentaires en 2021. Ce court laps de temps n’est pas un problème puisque la ligue, par l'entremise de son propriétaire, Canadian Basketball Ventures, possède toutes les équipes.

« Nous avons été approchés par plusieurs groupes, il y a certainement de l’intérêt et nous continuons les discussions. Mais, pour commencer, notre approche est de posséder et d’opérer l’équipe. La Ligue est propriétaire des sept clubs. C’est un modèle qui nous permet de contrôler notre marque et de faire les choses de manière appropriée », explique Morreale.

Nous savons ce qu’il faut faire pour bâtir une équipe et rallier les gens. Nous avons appris beaucoup parce que nous sommes passés sept fois par là.

Mike Morreale, commissaire de la CEBL

La CEBL compte en effet sept équipes à l’heure actuelle : Abbotsford (Colombie-Britannique), Edmonton (Alberta), Saskatoon (Saskatchewan), Guelph, Hamilton, Niagara et Ottawa (Ontario).

La ville de Québec ? « Un marché naturel », selon Morreale, même s’il n’y a pas eu de « discussions spécifiques ».

« Nous prenons notre temps parce que, lors de notre entrée sur le marché québécois, nous voulons nous assurer qu’il y ait une saveur locale. » Son discours est identique au moment d’évoquer le cas montréalais, qu’il a en tête depuis un certain temps.

« C’est important que la communauté puisse appuyer des joueurs locaux. Tout le monde veut voir les gars du coin s’exprimer sur le terrain. Et cela fait longtemps qu’ils n’ont pas été en mesure de le faire au Canada. »

À Montréal, dans les 15 dernières années, les aventures du Jazz, du Sasquatch et du Matrix ont été particulièrement brèves.

Sept joueurs de la CEBL sont originaires du Québec tandis que le Montréalais Joel Anthony, un ancien de la NBA, s'est récemment joint à l’équipe d’Hamilton à titre de consultant. On retrouve également Yohanny Dalembert, le demi-frère du Montréalais Samuel Dalembert, qui a passé 13 ans dans la NBA.

Une bonne première année

La saison 2019 s’est disputée entre le 9 mai et le 25 août. Chacune des six équipes a disputé 20 matchs de saison avant les séries éliminatoires, qui ont pris la forme d’un « Final Four ». Les Rattlers de la Saskatchewan ont alors remporté le premier titre de l’histoire de la CEBL.

« La première saison a surpassé nos attentes à plusieurs niveaux. La qualité du jeu était fantastique et nous avons eu énormément de soutien dans chacun des marchés. Cela nous a permis d’ajouter une septième équipe à Ottawa et de signer un partenariat de trois ans avec la CBC », se félicite Morreale.

En raison du contexte sanitaire, la saison habituelle devrait céder sa place à un tournoi organisé dans la région de Niagara vers la fin du mois de juillet. Chaque équipe compte sur un effectif de 10 joueurs, dont au moins 7 natifs du Canada.