La deuxième édition des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal accueillera 6 des 11 premiers du dernier Tour de France, mais a perdu Thomas Voeckler, l'un de ses champions en titre, en cours de route.

Pascal Milano LA PRESSE

Vainqueur à Québec l'an dernier et principal animateur de la Grande Boucle avec 10 étapes passées en jaune, le Français a jugé ne pas être en forme suffisante pour disputer les deux classiques québécoises, les 9 et 11 septembre.

«Il s'est complètement vidé pendant le Tour et, avec la notoriété acquise pendant l'épreuve, il a eu énormément d'invitations médiatiques et de critériums, a indiqué l'organisateur de l'événement, Serge Arsenault. Il a accepté de le faire et cela fait partie du jeu.»

Avec cette gestion difficile de l'après-Tour et dans la perspective des Championnats du monde à la fin du mois de septembre, Voeckler a plutôt décidé de refaire le plein d'énergie. C'est aussi, selon lui, une façon de ne pas «manquer de respect à la course» face à un peloton aussi relevé.

«J'ai toujours fait des choix sportifs pour mener ma carrière et si j'étais venu au Québec cette année, ma condition physique ne m'aurait pas permis de rivaliser avec les meilleurs», a-t-il expliqué dans un message préenregistré présenté aux médias.

«Je m'excuse auprès des Québécois de ne pas être là, mais la prochaine fois que je serai au départ, je ferai tout pour animer la course et redonner du plaisir.»

Une réponse au-delà des espérances

Malgré cette absence de poids, Arsenault estime que le bouche-à-oreille a fonctionné à merveille au sein du peloton. La réussite de la première édition - autant au niveau organisationnel que sportif - a entraîné une réponse au-delà de ses espérances.

«Avec le succès, il y a plusieurs yeux qui se sont tournés vers nous en se disant: Est-ce que c'est une question de chance? Répéter la qualité de ce qui avait été fait l'an dernier me semblait difficile, a dit Arsenault, sauf que ce sont les coureurs qui ont fait le boulot pour nous. Ils se sont parlé de l'importance de la course et ont fait en sorte que plusieurs des plus grands soient là cette année.»

En dépit de la concurrence du Tour d'Espagne, Arsenault estime que la qualité du peloton, constitué de 176 coureurs, est supérieure à celle de l'an dernier. Ryder Hesjedal, Andy Schleck, Philippe Gilbert, Samuel Sanchez, Edvald Boassen Hagen, Damiano Cunego ou Pierre Rolland, coéquipier-modèle de Voeckler, seront quelques-unes des têtes d'affiche des deux épreuves. «En restant objectif, je dirais que c'est un peloton qui est plutôt dans la fourchette haute, a confié le concepteur des parcours, Charly Mottet. Tous les leaders qui viennent ici le font avec de l'ambition.»

Des points au classement de l'UCI

Cette ambition est décuplée par l'attribution des points dans le cadre du classement de l'UCI dominé par le vainqueur du Tour de France, Cadel Evans, encore absent cette année, et suivi de près par Gilbert. Alors que 170 points sont en jeu au terme de trois semaines de Vuelta, les épreuves de Québec et Montréal en pèsent seulement 10 de moins.

«Le classement individuel de l'UCI va, à 99%, se jouer à Québec ou à Montréal, prévoit d'ailleurs Arsenault. Celui par équipes devient aussi vital puisque le total des points permet aux équipes de faire partie de la Classe Pro Team, qui regroupe les 18 meilleures au monde. L'avantage est que tous les organisateurs World Tour ont l'obligation de les inviter.»

Et les Québécois?

Onze cyclistes canadiens, dont quatre Québécois (Dominique Rollin, David Veilleux, Martin Gilbert et François Parisien), seront au départ des deux épreuves.

Le Britanno-Colombien Hesjedal, sur le podium à Montréal en 2010, est bien entendu celui qui a le plus de chances de franchir la ligne d'arrivée avec les bras en l'air. Mais la simple présence de cyclistes locaux rehausse la valeur de l'événement.

«C'est vital. Les Grands Prix doivent servir absolument de tremplin pour les coureurs canadiens et québécois, croit Arsenault. Le fait d'en avoir deux parmi les équipes mondiales, Dominique Rollin (FDJ) et David Veilleux (Europcar), prouve qu'il est possible de réussir.»