Chaque semaine, les journalistes des Sports de La Presse répondent à une question dans le plaisir, et un peu aussi dans l’insolence

Publié le 16 janvier

Appel à tous

Et vous, quel est le moment de sport qui vous fait rire ? Envoyez-nous vos suggestions au cahier Sports.

Miguel Bujold

Le nom qui a été donné au jeu en question le rend encore plus comique : le butt fumble. Mark Sanchez a connu quelques saisons respectables avec les Jets de New York, les menant même au match de championnat de la Conférence américaine deux années de suite, en 2009 et en 2010. Mais on se souviendra aussi de lui pour ce jeu. C’était en novembre 2012. Les Américains digéraient leur dinde de l’Action de grâce lorsque Sanchez est passé à l’histoire en heure de grande écoute... Le quart-arrière a voulu remettre le ballon à son porteur de ballon avant de réaliser qu’il n’était plus derrière lui. Sanchez a ensuite couru droit devant lui en possession du ballon, mais a percuté le derrière de son joueur de ligne Brandon Moore. Sanchez est tombé sur le dos, perdant le ballon que les Patriots ont récupéré pour marquer un touché facile dans une écrasante victoire de 49-19. Si vous n’avez jamais vu le butt fumble, je vous invite à le faire sans tarder. Ça vous mettra assurément le sourire aux lèvres.

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Katherine Harvey-Pinard

CAPTURE D’ÉCRAN DE LA VIDÉO

Le joueur de tennis espagnol Nicolás Almagro avec, derrière lui, un ramasseur de balles qui se heurte au mur au tournoi de Barcelone de 2016

Deux moments me viennent en tête. Évidemment, je ne peux pas passer sous silence la prise de bec entre Bob Hartley et Patrice Brisebois dans la Série Montréal-Québec, présentée à TVA en 2010. Ai-je besoin de vous la relater ? « Ta bague de la Coupe Stanley, elle m’énarve pas », crie Hartley à Brisebois, qui répond : « T’es qui, toi ? Qu’est-ce que t’as fait dans la vie ? » J’avais 15 ans à l’époque, et ça me fait encore rire à ce jour. Un moment d’anthologie. Il y a aussi ce moment impliquant un ramasseur de balles au tournoi de Barcelone de 2016 qui a le don de me faire sourire. Après avoir récupéré une balle, le jeune homme se dépêche de retourner à son poste, mais perd pied et entre – solidement – en collision avec le mur. Il se cogne la tête et le bruit du contact résonne dans le stade, mais il se relève et fait comme si de rien n’était. L’Espagnol Nicolás Almagro se retourne lentement pour voir ce qui s’est passé avant de se placer pour faire son service. On voit le jeune homme en arrière qui se retient de rire. C’est tellement banal comme situation, mais ça a fait le tour du web. Toutes sortes de montages ont été créés avec cette vidéo.

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Richard Labbé

CAPTURE D’ÉCRAN DE LA VIDÉO

Jim Mora, ex-entraîneur-chef des Colts d’Indianapolis

Pas facile de répondre à celle-là. En général, ce qui me fait rire, c’est quand les entraîneurs perdent les pédales, surtout en conférence de presse, et à ce palmarès, les deux premières places sont détenues par Jim Mora et Michel Therrien. À ce jour, je pense que je revois avec un immense plaisir la conférence de Therrien, qui descend en flammes tous ses joueurs des Penguins de Pittsburgh sauf un (Max Talbot), au moins 300 fois par année. Mais je dirais que je revois celle de Mora 301 fois par année. Vraiment, il n’y a rien qui puisse battre l’ex-entraîneur des Colts d’Indianapolis, qui revient d’une défaite de toute évidence difficile à avaler, et qui se fait tout bonnement demander par un journaliste s’il croit encore aux chances de son club en vue des séries. Ce n’est pas compliqué : j’éclate de rire chaque fois que j’entends : « PLAYOFFS ??? » Et je pense ne jamais me tanner.

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Guillaume Lefrançois

CAPTURE D’ÉCRAN DE LA VIDÉO

Alain Vigneault, alors entraîneur-chef des Canucks de Vancouver, le 26 février 2012

Le rire est parfois contagieux. Dans les belles années de La fin du monde est à 7 h, Paul Houde pouvait nous faire pleurer de rire à la maison en perdant le contrôle, même si on ne comprenait pas toujours, du moins sur le coup, ce qui l’amusait à ce point. Le 26 février 2012, c’était Alain Vigneault qui faisait rire la planète hockey, en plein milieu d’un match de son équipe d’alors, les Canucks, à Dallas. L’élément déclencheur : l’attaquant des Stars Vern Fiddler qui, après s’être querellé avec le défenseur Kevin Bieksa, passe devant le banc des Canucks et imite l’air fâché de Bieksa. Ce qui commence par un rire amusé de Vigneault se termine pratiquement par des larmes, l’entraîneur-chef utilisant même son calepin de notes pour se cacher le visage. En entrevue avec le Courier Post, en 2019, Vigneault a rappelé qu’il était fatigué, les Canucks disputant un cinquième match en une semaine sur la route. « Parfois, les gens autour de toi rient, et ça te fait rire. J’ai simplement perdu le contrôle, je n’en pouvais plus. » Cette scène a refait surface l’an dernier, quand Bieksa, devenu analyste à Sportsnet, a subtilement placé une photo de Fiddler sur l’étagère derrière lui lors d’une intervention pendant Hockey Night in Canada.

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Simon-Olivier Lorange

CAPTURE D’ÉCRAN DE LA VIDÉO

Mario Lemieux faisant la promotion des barres Snickers au Québec

Il n’est pas donné à tout le monde d’être acteur ou actrice. Même les vedettes les plus connues, diplômées des meilleures écoles de théâtre, aimeraient bien effacer de leur CV quelques rôles qui les ont plus ou moins mis en valeur. Or, il y a une valeur sûre, dans le monde du sport : à peu près tous les athlètes sont de mauvais acteurs, surtout lorsqu’ils sont mis à contribution dans des publicités. Le visage est crispé, le texte est saccadé. On reconnaît tout le naturel et l’aisance d’un chevreuil qui fixe les phares d’une voiture fonçant sur lui. C’est parfois tellement mauvais que c’en est drôle – et j’adore ça. À une époque où il n’était pas encore multimillionnaire, Mario Lemieux faisait la promotion des barres Snickers au Québec : le meilleur hockeyeur de l’histoire n’a menacé la carrière d’aucun acteur, croyez-moi. Il y a toutefois des exceptions. Au cinéma, LeBron James était réellement habile dans la comédie Trainwreck. Et Alex Ovechkin, dans une récente publicité d’assurances, s’en est franchement bien tiré. Bref, mauvais ou moins mauvais, on gagne à tout coup. Et on rit.

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Nicholas Richard

CAPTURE D’ÉCRAN DE LA VIDÉO

L’arbitre de hockey Wes McCauley

Les arbitres sont habituellement les personnages les plus détestés dans le monde du sport. Toutefois, un nom fait exception à la règle : Wes McCauley. Sans contredit l’arbitre le plus spectaculaire du XXIsiècle... et le plus drôle. Que ce soit dans ses mouvements exagérés, ses signaux exubérants, ses annonces théâtrales ou ses discussions avec les joueurs sur la patinoire, McCauley a déjà réussi à faire sourire au moins une fois tous les amateurs de hockey. Un phénomène sans pareil. Chaque fois que Wes McCauley est d’office pour un match, on sait que les arrêts de jeu risquent d’être plus divertissants que le match. Un arbitre au sens du spectacle aiguisé et à la répartie assassine. Souvenez-vous quand il avait dit à Brad Marchand, au match des étoiles, qu’il avait envie de lui imposer une pénalité simplement pour devenir la personne la plus applaudie de la soirée. Ou encore lorsqu’il a chassé, sans raison valable, les deux joueurs de centre lors de la première mise en jeu d’un duel Flames-Sénateurs pour que les frères Matthew et Brady Tkachuk (des ailiers) puissent s’affronter. Un arbitre unique qui fait déjà partie des légendes de son sport.

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Alexandre Pratt

CAPTURE D’ÉCRAN DE LA VIDÉO

L’ancien voltigeur des Expos Larry Walker qui remet la balle à un enfant

Les joueurs qui ont complètement perdu le fil du match. Comme la fois où l’ancien voltigeur des Expos Larry Walker avait attrapé une chandelle, et remis la balle à un enfant. Le problème ? Il n’y avait qu’un seul retrait... et un coureur sur les buts. Après avoir réalisé son erreur, Walker est retourné voir l’enfant, et lui a redemandé la balle. Presque 30 ans plus tard, je ris encore !

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Jean-François Téotonio

CAPTURE D’ÉCRAN DE LA VIDÉO

Un chat noir interrompt le match du lundi soir de la NFL entre les Cowboys et les Giants, en novembre 2019.

Il n’y a rien qui sème autant le chaos – et l’hilarité – qu’un animal qui vient perturber le cours d’une joute sportive. La confusion du chat, de l’écureuil, du lapin ou même du kangourou n’a souvent d’égal que son refus total de se faire attraper. Cette chasse donne lieu à de savoureux moments d’analyse sportive de la part des commentateurs, qui ne peuvent faire autrement que de décrire l’action, hilares. Un de mes moments sportivo-animaliers préférés : le chat noir qui interrompt le match du lundi soir de la NFL entre les Cowboys et les Giants, en novembre 2019... une semaine après l’Halloween. Après son « touché », les commentateurs avaient souligné son excellent « mouvement latéral ». La malédiction du chat noir avait même opéré pendant des semaines : les équipes aux surnoms félins (Lions, Bengals, Panthers et Jaguars) avaient perdu 14 matchs après qu’il eut fait son apparition.

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