La ministre responsable du Loisir, du Sport et de la Condition féminine, Isabelle Charest, s’est dite « extrêmement choquée et peinée » par les témoignages de cinq athlètes de l’équipe nationale de natation artistique qui ont rapporté, mardi matin, avoir été victimes d’abus pendant des années de la part d’entraîneurs de l’organisation.

Publié le 9 mars 2021
Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse

Dans une déclaration écrite, Mme Charest a indiqué qu’il était « inacceptable que des jeunes filles talentueuses, passionnées et promises à un brillant avenir aient vu leur sport devenir un élément négatif de leur vie ».

« Je les trouve immensément courageuses de dénoncer publiquement la situation […], a écrit la ministre. Les gestes dénoncés sont inadmissibles et sont encore une preuve de plus que le milieu sportif, particulièrement le sport féminin, est malheureusement un terreau fertile pour ce genre de situations. »

Directeur général de l’organisme Sport’Aide, Sylvain Croteau estime que la sortie « courageuse » des athlètes de nage synchronisée envoie le message clair de « la responsabilité des gestionnaires des clubs sportifs ». « C’est assez de se faire éblouir par la réputation de certains individus. Le savoir-être doit primer. […] Pas un championnat ne vaut la santé d’un jeune sportif », dit-il.

Lancé en 2016, Sport’Aide vise justement à prévenir et à contrer tout type de violence en contexte sportif, que ce soit de la violence sexuelle, physique ou psychologique. « On aimerait mieux ne pas exister. Mais des histoires comme celle d’aujourd’hui confirment notre pertinence, dit M. Croteau. Pour ces cinq athlètes qui sont sorties, combien d’autres sont dans l’ombre ? »

Chez Sport’Aide, on travaille à ce que les comportements d’abus ne soient jamais banalisés. « Des fois, ces comportements sont tellement comme une tradition dans certaines organisations qu’on finit par les banaliser et les accepter. Il ne faut pas. Il ne faut pas accepter l’inacceptable », martèle M. Croteau.

Tant la ministre Charest que M. Croteau rappellent que, depuis le 1er février, un mécanisme indépendant existe pour le traitement des plaintes d’agression et de harcèlement dans le milieu sportif.

« Si vous vivez ou encore êtes témoins de comportements inacceptables, rendez-vous sur notre plateforme Je porte plainte et soyez assurés que votre dénonciation sera traitée avec le professionnalisme et la rigueur qui s’imposent », assure la ministre Charest.

Pour accéder à la plateforme : https://www.insquebec.org/nouvelles/je-porte-plainte/