Placé dans un coin du sous-sol, le tapis roulant ne demande qu’à être branché et activé. Il est fort utile lors des jours de tempête et de verglas, mais il ne devient habituellement qu’accessoire lors de la remontée des températures et l’augmentation de la lumière. Doit-il forcément servir dans le contexte actuel ?

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Parmi les pays plus touchés par la COVID-19, où le confinement total est en vigueur, certains gouvernements ont interdit toute forme d’activité physique extérieure. D’autres, comme la France, le permettent « à titre individuel », « avec parcimonie » et en restant à proximité de son domicile.

Bref, quelques kilomètres seulement, en solitaire, et puis on rentre.

« Quand vous êtes tout seul, vous allez prendre une belle marche dans la forêt, ça va vous calmer », lançait ici le directeur national de Santé publique du Québec, Horacio Arruda.

Les espaces verts à Montréal ou dans sa grande région sont bien connus, mais il n’est plus possible de se rendre dans les parcs nationaux tels le Mont-Saint-Bruno, le parc des Îles-de-Boucherville, le parc du mont Tremblant ou le parc du Mont-Orford.

Dans les circonstances, les rues du quartier feront l’affaire tant que toutes les précautions sont prises – de 1 à 2 m de distance avec les autres – et tant que les autorités le permettent. En milieu de semaine, ils étaient d’ailleurs à nombreux à faire de la marche rapide ou de la course à pied près de notre domicile.

Une autre approche

Les évènements de course à pied n’ont évidemment pas échappé à la vague d’annulations.

Les efforts hivernaux, avec ses sorties sous des températures largement négatives, et les programmes d’entraînement suivis tant bien que mal ne se matérialiseront pas en courses ce printemps.

Mais comme le dit si bien l’expression, la course à pied est et doit rester « la chose la plus importante parmi les choses secondaires ».

Tant pis si les objectifs tombent les uns après les autres, si les entraînements en groupe sont annulés et si l’on choisit de limiter les sorties extérieures.

Bien entendu, on va forcément s’ennuyer de nos sorties au mont Saint-Bruno avec ses cinq lacs et sa quiétude. On va s’ennuyer du Sentier des Lacs, de la beauté du lac des Bouleaux et du Sentier Montérégien qui offre quelques montées courtes, mais intenses.

Pour faire grimper le rythme cardiaque, on se concentrera plutôt sur les rues du quartier et, pourquoi pas, apprivoiser ce tapis roulant qui nous fixe. Malgré quelques subterfuges – musique, télévision, application virtuelle, il a toujours été pénible d’en faire pendant plus d’une trentaine de minutes.

Sur Instagram, plusieurs athlètes ou entraîneurs ont également donné quelques conseils pour garder la forme dans ce contexte si particulier. Cela comprend des exercices avec le poids de corps, du yoga, de la musculation ou la montée des escaliers. Un loustic dit avoir effectué un demi-marathon dans sa cave après s’être fait un circuit de neuf mètres !

Plus sérieusement, une coureuse du dimanche a suggéré que cette période l’obligerait à effectuer davantage de renforcement musculaire. Combien de coureurs négligent un peu trop cet aspect ? Oui, on plaide aussi coupable. On se promet de ressortir nos poids et les bandes de résistance… ou pas.

À voir

En attendant le retour à la normalité, l’appétit sportif peut être comblé par plusieurs documentaires. Pendant une semaine, le polyvalent athlète Kilian Jornet avait permis aux internautes de visionner ses films du projet Summits of My Life en accès libre. Un régal pour les yeux avec ses reliefs et ses paysages enneigés.

Il y en a pour tous les goûts. The Hard Way, sorti en 2016, suit les traces de Bob Hayes, alors âgé de 89 ans [il est décédé l’été dernier], lors de son entraînement pour la Bighorn 50k. Sur Netflix, la série Perdants revient sur la mésaventure de l’Italien Mauro Prosperi qui s’était perdu dans le désert marocain pendant huit jours lors d’une étape du Marathon des sables, en 1994.

Iron Cowboy résume l’aventure de James Lawrence qui s’était lancé le défi un peu (trop) fou de réaliser l’équivalent de 50 Ironman (3,8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon) en 50 jours et dans 50 états américains différents. Pourquoi cette démesure ?

Pourquoi ? C’est justement les prémisses de The Why : Running 100 Miles, un documentaire dans lequel plusieurs ultra-marathoniens abordent les raisons qui les poussent à courir si loin et si longtemps.

Que ce soit 1, 5, 21,0975 ou 42,195 km, tout le monde a, en fait, une raison pour courir. À l’intérieur, sur le tapis roulant qui ne demande qu’à être branché, ou à l’extérieur, en prenant toutes les précautions, ça peut être une belle échappatoire.