Les podiums sont rares pour les escrimeurs canadiens, mais ils n'ont jamais été aussi nombreux à cogner à la porte, soulignait récemment le quadruple champion olympique Jean-Marc Chouinard. L'analyse de l'ancien épéiste a trouvé écho aux Championnats du monde de Catane, qui se sont conclus dimanche en Italie.

Simon Drouin LA PRESSE

Rien de spectaculaire pour les 23 tireurs à la feuille d'érable, mais des résultats qui ont permis à certains de se positionner favorablement en vue des Jeux olympiques de Londres. Parmi eux, l'épéiste Hughes Boisvert-Simard et le sabreur Philippe Beaudry, respectivement 15e et 16e de leur épreuve respective. Le fleurettiste Étienne Lalonde-Turbide a conclu un excellent parcours en seizième de finale (29e).

Joint hier à Montréal, Beaudry était partagé entre la joie d'avoir décroché le meilleur résultat de sa carrière aux Mondiaux et la déception d'une épreuve par équipe qui n'a pas produit les résultats escomptés. «C'est très satisfaisant sur le plan individuel, mais ça ne s'est pas passé comme on l'aurait voulu en équipe», a résumé le sabreur de 24 ans.

Beaudry et ses coéquipiers Vincent Couturier, Joseph Polossifakis et Max Stearns n'ont pu faire mieux que le 13e rang. Ils visaient les huit premiers et, surtout, souhaitaient faire mieux que les Américains (8es) à ce rendez-vous capital en vue de la sélection olympique. Avec deux tournois à faire, les chances pour le Canada de rattraper leurs rivaux continentaux sont minces. Seule une invitation par équipe permet à un pays de déléguer trois tireurs aux JO.

Lutte fratricide

Sans se résigner complètement, Beaudry se prépare donc à faire la lutte à ses partenaires d'entraînement Couturier et Polossifakis afin de décrocher ce qui risque d'être le seul billet olympique disponible au sabre individuel.

Accusant un retard au début des Mondiaux, Beaudry a réussi à s'installer au 19e rang mondial en atteignant les quarts de finale. Couturier (29e à Catania) est 28e et Polossifakis (44e) pointe à la 36e position.

Dix-huit points séparent le trio. La lutte sera serrée d'ici la date butoir du 1er avril. Beaudry est le plus expérimenté, mais Couturier et Polossifakis, 21 ans, ont émergé sur la scène internationale il y a deux ans. Le premier a gagné l'or et l'argent lors des deux derniers championnats panaméricains et Polossifakis a atteint les quarts de finale du Grand Prix de Varsovie, l'un des quatre tournois les mieux cotés.

Les trois sabreurs s'entraînent à Montréal sous la gouverne du Russe Dmitry Ronzhin, débarqué au Canada il y a deux ans. «J'ai acquis de très bonnes bases avec Jean-Marie Banos, mais Dmitry nous a amenés à un autre niveau, a souligné Beaudry. Il nous a donné la petite touche et les petits détails qui font la différence entre une défaite de 14-15 et une victoire de 15-14.»

Après une qualification difficile pour les derniers Jeux olympiques de Pékin (il s'était retrouvé en Cour supérieure face à son coéquipier Nicolas Mayer), Beaudry prévoit un processus beaucoup plus serein: «On se respecte tous, on est de très bons amis, il n'y aura pas de coups salauds.»

Ça se décidera sur la piste lors des sept tournois auxquels ils prévoient participer d'ici la fin de la période de qualifications. En attendant, Beaudry s'envolera vendredi pour Guadalajara, au Mexique, où il défendra son titre de champion des Jeux panaméricains.