Nous voici presque à la mi-saison, mesdames et messieurs, et vous savez probablement ce que ça veut dire, n'est-ce pas? Ça veut dire qu'il est enfin temps de passer aux choses sérieuses.

Richard Labbé LA PRESSE

C'est bien ça. Dans le cas du Canadien, les choses sérieuses commençaient probablement hier soir au mythique Madison Square Garden de New York, là où vos favoris affrontaient les Rangers, le genre de pas pire équipe qui pourrait se présenter au Centre Bell lors de la grande danse du printemps.

C'était un joli défi, parce que le Canadien s'est pointé à Manhattan sans quelques noms d'importance. Des blessés au haut du corps, des blessés au bas du corps ou parfois entre les deux. Parmi les absents de marque hier soir: Tanguay, Koivu, Higgins et Price.

Affronter les Rangers sans ces quatre-là, oui, c'était un joli défi. Que les vôtres ont admirablement relevé. Ce plomb d'Andrei Markov, ce tir d'Alex Kovalev pour faire 1-0, ce but poétique signé Robert Lang à la fin, tout cela ne vous a-t-il pas arraché quelques larmes d'émotion? En plus, Jaroslav Halak a réalisé quelques arrêts d'importance en troisième, ce qui devrait faire taire ceux qui exigeaient qu'on le refile à n'importe qui contre une boîte de lacets de patins.

Bien sûr, ce n'est qu'un match. Mais peu importe ce qui va arriver au cours des prochains matchs, peu importe le nombre de victoires ou défaites, j'espère que personne au Centre Bell ne va se servir des blessures comme excuse. L'an passé, le problème des blessures ne s'est jamais présenté; les gars du Canadien ont été chanceux côté santé, avec une formation presque intacte à chaque soir. Cette fois, c'est différent.

Ça fait une couple d'années que les dirigeants montréalais nous vantent la profondeur de leur club. Ça fait une couple d'années qu'on nous dit qu'il y a du talent à la pelle dans cette organisation. Selon tous les experts, de Toronto à Moose Jaw, c'est le Canadien qui compte sur le plus de «bons espoirs» dans toute la LNH.

Eh bien, voici le moment de voir si c'est vrai ou pas. Les blessures font partie du hockey, et les bonnes équipes trouvent toujours un moyen de s'en sortir. Rappelons que les Flyers de Philadelphie ont éliminé le Canadien et atteint la finale de conférence sans leur meilleur joueur la saison dernière... Si le Canadien est si «profond» qu'on le dit, les blessures ne devraient pas affecter le rendement de l'équipe.

Pendant ce temps, Bob Gainey doit quand même se poser des questions. Se demander s'il a l'équipe pour aller loin. En fait, s'il faut se fier aux rumeurs qui circulent depuis, oh, environ trois mois, monsieur Bob passe beaucoup de temps sur son portable, et ce n'est pas pour télécharger le dernier tube de Lil Wayne.

Voyez-vous, le Canadien a encore besoin d'un défenseur. Tout le monde sait ça, et tout le monde, ça inclut monsieur Bob. C'est sans doute pourquoi les rumeurs du retour de Mathieu Schneider à Montréal ne veulent pas mourir. Il paraît que le vétéran défenseur aurait signifié son intention de déménager, et les Thrashers d'Atlanta, qui sont exclus des éliminatoires depuis octobre environ, vont fort probablement tenter de l'échanger sous peu.

Est-ce qu'un défenseur de 39 ans, qui touche un salaire de 5,7 millions cette saison, peut vraiment aider le Canadien? J'imagine que ça va dépendre du prix à payer. Bob Gainey ne va pas donner un jeune talent prometteur aux Thrashers en retour d'un gars qui n'en a plus pour bien longtemps. Mais si le prix à payer n'est pas trop élevé, pourquoi pas?

En attendant, le Canadien doit se croiser les doigts. Et espérer que cette fameuse «profondeur» lui permette de survivre jusqu'au retour des grands blessés.