Est-ce que Frank Dancevic prépare la même chevauchée que l'an dernier à Montréal, alors que Rafael Nadal l'avait stoppé en quarts de finale de la Coupe Rogers?

Mis à jour le 22 juill. 2008
Hugo Fontaine

Hier soir, au Rexall Centre de Toronto, le joueur de Niagara Falls a disposé du Croate Mario Ancic, 24e raquette mondiale, par le score de 6-3, 6-4.

«Ça me rappelle de bons souvenirs de l'an dernier», a dit un Dancevic tout sourire après la rencontre.

Dancevic, 82e au monde, qui a été particulièrement efficace au filet, a constamment fait déplacer son adversaire et a rarement raté ses amortis.

Pas mal pour un joueur qui jouait son deuxième match sur surface dure depuis les Internationaux d'Australie (il a raté plusieurs mois en raison d'une blessure au dos). Il a été éliminé en première ronde à Indianapolis la semaine dernière.

«Je ne savais pas trop à quoi m'attendre de mon jeu, a raconté Dancevic. J'étais un peu nerveux avant le début du match, mais ça a très bien été. Je suis vraiment content de ma performance.»

Dancevic a brisé le service d'Ancic (qui a déjà été 7e au monde) dès le 4e jeu.

Grâce à de nombreuses volées gagnantes au filet, Dancevic a enlevé la première manche. Mais au début de la seconde, le Canadien a perdu ses repères: un coup dans le filet, une double faute, une balle loin à l'extérieur. Voilà Dancevic brisé et Ancic en avant 2-0.

«J'ai perdu ma concentration pendant quelques frappes», a expliqué Dancevic.

Mais il s'est vite repris, brisant Ancic au jeu suivant grâce à deux coups précis en plein sur la ligne.

Dancevic a raté trois balles de bris alors qu'il menait 4-3, mais il n'a pas manqué sa chance quand Ancic est revenu au service à 5-4. Dans ce jeu comme dans tout le match, Ancic a été capable du meilleur (deux as, neuf au total) comme du pire (deux doubles fautes, sept au total) au service.

L'Ontarien a su profiter des deuxièmes balles de son adversaire pour l'attaquer. Il a inscrit le point 71% du temps dans ces circonstances.

«Wow, c'est une statistique vraiment excellente, a-t-il réagi quand un journaliste la lui a fait remarquer. Quand j'avais une chance sur son deuxième service, j'essayais d'être agressif.»

Comme pour la première manche, Dancevic a mis un terme à la 2e dès que l'occasion lui en a été donnée. Le temps d'une dernière montée au filet, puis les feux d'artifice ont illuminé le court central.

Dancevic a adoré son expérience sur le central, une première pour lui à Toronto. Il a spécialement apprécié le surnom «Frank the Tank» qu'ont crié certains spectateurs.

Mais Frank the Tank aura besoin d'un épais blindage et d'un canon de gros calibre aujourd'hui alors qu'il aura Novak Djokovic (champion en titre et numéro trois mondial) devant lui sur le champ de bataille.

«Je suis très excité parce que je ne l'ai jamais affronté, dit Dancevic. Il est plus agressif que Nadal. C'est un champion, mais je dois jouer mon jeu et attaquer quand je peux. Je dois bien servir, c'est très important.»

Dancevic a un gros mandat, mais jouer à la maison le sert drôlement bien. L'an dernier, il avait arraché une manche à Nadal, faut-il le rappeler. Bien qu'il y avait quelques bancs vides hier soir, parions que ce ne sera pas le cas ce soir.

Le Sherbrookois Frédéric Niemeyer a été éliminé plus tôt en journée face au 12e favori Tommy Robredo. Niemeyer (208e au monde) a joué du très bon tennis en première manche, sauf qu'il a raté six balles de bris. Il a peiné au bris d'égalité et n'a plus jamais été dans le coup. Le verdict: 7-6, 6-1 pour l'Espagnol.

Mauvaise journée pour Niemeyer: Julien Benneteau et lui ont aussi perdu en deux manches de 6-4 devant Roger Federer et son partenaire olympique Stanislas Wawrinka.