Bémol sur la fécondation en éprouvette

Des études ont montré que 25 % à... (Photo archives The New York Times)

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Des études ont montré que 25 % à 30 % des couples conçoivent naturellement entre la première rencontre avec l'obstétricien et le début formel des traitements.

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Les traitements de fécondation en éprouvette commencent de plus en plus tôt, sans raison médicale valable, préviennent les auteurs d'une nouvelle étude publiée par le British Medical Journal. Cela pose problème parce que de plus en plus d'études montrent que la technique pourrait augmenter les risques durant la grossesse, à l'accouchement et durant la vie de l'enfant.

« On commence les traitements de plus en plus tôt après le début de l'infertilité », explique Ben Mol, obstétricien à l'Université d'Adélaïde en Australie, qui est l'auteur principal de l'étude et l'un des fondateurs du Groupe pour la fécondation en éprouvette (FIV) basée sur des données probantes. « Dans plusieurs cas, quand il n'y a pas de cause évidente, il s'agit d'une hypofertilité et donc la conception prend simplement plus de temps. On intervient probablement trop tôt. Comme on soupçonne que la technique provoque des changements dans l'expression des gènes de l'embryon, il faut y aller avec précaution. »

Des études ont ainsi montré que 25 % à 30 % des couples conçoivent naturellement entre la première rencontre avec l'obstétricien et le début formel des traitements. Une petite étude suisse a montré une légère augmentation de la pression sanguine chez les adolescents nés par FIV et diverses études suédoises ont montré une augmentation des risques à l'accouchement et après la naissance. Ces risques ne sont pas seulement liés aux grossesses multiples, fréquentes dans les pays où les patients défraient eux-mêmes les traitements.

Cette analyse n'est pas surprenante, mais est intéressante, selon Louise Lapensée, obstétricienne-gynécologue à la clinique de fertilité Ovo. «  On discute souvent de la possibilité de risques, dit la Dre Lapensée. Ce n'est pas clair qu'il y en a, mais on en parle aux patients. Et on suit les indications médicales. Par exemple, si la patiente n'a pas 35 ans et que sa réserve d'ovules est normale, on attend au moins trois ans après le début de l'infertilité. » 

« Mais selon les problèmes observés et l'âge de la patiente, on peut attendre aussi peu que six mois. Le hic, c'est que les couples veulent un bébé hier. Je dois dire non tous les jours et parfois les pressions sont fortes. L'étude sonne une alarme [et nous indique] qu'on a peut-être trop élargi, surtout pour les femmes plus jeunes, particulièrement là où les traitements sont remboursés, comme au Québec. »

Causes environnementales

Patricia Monnier, clinicienne chercheuse au Centre de reproduction du CUSM, avance que les risques de la FIV pourraient être liés à l'infertilité elle-même plutôt qu'à la technique. « Notre environnement a changé, avec la pollution, notre mode de vie aussi, note la Dre Monnier. La concentration des spermatozoïdes a diminué de moitié depuis 50 ans. Alors isoler une influence spécifique de la FIV est difficile. C'est certainement moins grand que les risques associés à l'obésité de la mère durant la grossesse. »

Une étude suédoise de 2007, qui a analysé toutes les naissances par FIV entre 1982 et 2001, a noté que les risques de la FIV diminuent si on tient compte de la durée de l'infertilité. L'augmentation du risque de naissance avant terme passe de 58 % à 23 %, alors que le risque de naissance de petit poids disparaît.




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