L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a besoin de davantage de temps pour décider s'il convient ou non de produire un vaccin contre le nouveau virus A(H1N1) d'origine porcine, a indiqué jeudi le numéro deux de l'organisation.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il n'est pas possible de dire à quelle date nous prendrons une décision, c'est vraiment un processus méticuleux et difficile», a expliqué le Dr Keiji Fukuda lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion d'experts.

L'OMS avait convoqué jeudi pour une téléconférence des fabricants de vaccins ainsi que des experts médicaux pour étudier l'éventuel lancement de la production massive d'un vaccin contre le virus A (H1N1).

Ces derniers devaient également se concerter sur la meilleure façon de produire le vaccin, soit en intégrant la souche nord-américaine du virus dans le vaccin de la grippe saisonnière ou en faisant un vaccin séparé contre la pandémie.

M. Fukuda a précisé que de nouvelles réunions sur le sujet étaient prévues, sans donner de date.

La préparation d'un vaccin est «un processus technique qui réclame à lui seul plusieurs semaines», a-t-il ajouté assurant que les discussions sur le sujet avaient démarré dès les premiers jours de l'alerte suite à l'apparition de ce virus qui a contaminé près de 6500 personnes dans le monde.

Un vaccin pourrait s'avérer essentiel si le virus reprend de la vigueur durant son passage dans l'hémisphère sud où l'hiver, propice à la propagation de la grippe, commence actuellement.

D'autant que l'OMS craint une mutation qui pourrait le rendre résistant aux antiviraux tels que le Tamiflu du laboratoire suisse Roche ou le Relenza du britannique GlaxoSmithKline, actuellement considérés comme efficaces.

Par ailleurs, le Dr Fukuda a balayé la rumeur selon laquelle le virus avait été produit artificiellement dans un laboratoire. L'OMS a pris «très au sérieux» cette hypothèse émise par un virologue et a mené son enquête depuis le week-end dernier, a expliqué le numéro deux de l'organisation.

«La conclusion est que ce n'est pas un virus créé en laboratoire», a-t-il insisté.

Alors que le nombre de cas annoncés augmente chaque jour pour atteindre désormais 6.497 personnes dans 33 pays, dont 65 morts, l'organisation onusienne continue de maintenir son niveau d'alerte 5 sur une échelle de 6 signifiant qu'une pandémie est «imminente».

L'OMS n'a en effet pour l'instant pas d'élément prouvant que le virus se transmet de manière autonome ailleurs que sur le continent américain, condition pour le passage à l'alerte 6 de pandémie, a rappelé M. Fukuda.

En attendant, l'OMS va réduire la durée de son Assemblée mondiale qui doit commencer lundi de neuf à quatre jours «pour permettre aux ministres et responsables de la santé de s'absenter moins longtemps de leurs pays alors qu'ils doivent coordonner les efforts contre la grippe A(H1N1)», a expliqué une porte-parole de l'organisation.