Des compléments d'oméga-3, que l'on trouve à l'état naturel dans certains poissons gras et le colza, ne procurent aucun bénéfice aux victimes d'infarctus, traitées de nos jours beaucoup plus efficacement qu'auparavant, selon une étude présentée lundi.

Mis à jour le 30 mars 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les résultats de cet essai clinique baptisé OMEGA, dévoilés à la 58e conférence annuelle de l'American College of Cardiology (ACC) réunie depuis samedi à Orlando (Floride), vont à l'encontre d'études précédentes selon lesquelles des extraits d'oméga-3 paraissaient contribuer à allonger la survie des victimes d'infarctus.

Toutefois, ont relevé les auteurs, ces études précédentes ont été menées quand les traitements disponibles pour traiter les infarctus du myocarde étaient moins avancés qu'aujourd'hui.

«Bien que les oméga-3, des acides gras, sont considérés efficaces pour améliorer le pronostic du patient après une crise cardiaque, aucun essai clinique n'avait testé leurs effets avec les traitements d'aujourd'hui», a expliqué le Dr Jochen Senges, professeur de cardiologie à l'Université de Heidelberg en Allemagne et principal auteur de l'étude.

«Nous n'avons vu aucun effet bénéfique chez les patients traités avec une thérapie médicale permettant déjà de réduire leur risque de récurrence de problème cardiaque, ce qui ne laisse aucune marge d'amélioration supplémentaire avec les oméga-3», a-t-il dit.

L'essai clinique a été conduit sur 3827 personnes réparties dans 104 centres hospitaliers en Allemagne.

Les patients ont été divisés au hasard en deux groupes, le premier ayant pris des suppléments d'oméga-3 très purifié pendant un an et le second un placebo.

Pendant une période de suivi d'un an, 4,1% des participants sont décédés et 3,9% ont eu une attaque cérébrale non fatale.

Aucune différence notable n'a été observée entre les deux groupes, a indiqué le Dr Senges.

«Dans notre étude, nous avons eu une très faible incidence d'accidents cardio-vasculaire après le premier infarctus», a-t-il souligné.

Mais, a insisté le cardiologue, «il serait inexact de dire que les oméga-3 sont inefficaces car nous les avons testés sur des patients déjà traités avec une thérapie cardiaque optimale».