Le dernier important tremblement de terre à avoir secoué le Québec date du 25 novembre 1988. Ce jour-là, une secousse de 5,9 à l'échelle de Richter, dont l'épicentre était au Saguenay, a joyeusement brassé la Belle Province et quelques États voisins.

André Duchesne LA PRESSE

Quelques-uns se souviennent où ils étaient et ce qu'ils faisaient au moment de la secousse. Mais pour le reste, avouez-le, les souvenirs sont vagues. Pour une raison bien simple: le séisme de 1988 a fait bien peu de dégâts.

 

Il faut dire que l'épicentre était loin des grands centres, et les constructions, solides.

Comment se tirerait le Québec ou Montréal d'un séisme comme celui du 12 janvier en Haïti? «D'abord, ça dépend où il surviendrait, dit Michel A. Bouchard, professeur de géologie à l'Université de Montréal. Il y aurait des dommages, c'est sûr. Mais probablement moins qu'en Haïti.»

Le Code du bâtiment prévoit des règles pour que les constructions résistent aux tremblements de terre. Ces règles sont basées sur la sismicité du Québec qui est bien connue et documentée. «Il y a une partie du risque sismique qui est intégrée dans les bâtiments construits ici au Québec», résume M. Bouchard.

De plus, les matériaux utilisés pour construire les bâtiments au Québec sont élastiques et résistent bien aux mouvements. Le professeur Pieter Sijpkes de l'Université McGill en faisait état hier dans un blogue de Cyberpresse.

«Ici, le poids des habitations est faible, car la structure est bien souvent en bois et très aérée, indiquait-il à notre collègue Lucie Lavigne. Sans compter que les toitures (en bardeaux d'asphalte, notamment) ne pèsent pas lourd, contrairement aux toitures composées de tuile ou même de pierre, comme au Japon. Le bois est plus élastique que le béton. L'ossature en bois composée de feuilles de contreplaqué rend nos maisons très stables. Ainsi, on peut comparer la structure de nos maisons à une boîte de carton: on peut la faire trembler et la déformer, mais elle ne cassera pas.»

M. Sijpkes ajoutait que c'est la brique qui pourrait surtout poser problème en se détachant des immeubles pour tomber sur les gens.

Autre élément à considérer, l'amplitude des secousses est historiquement faible au Québec. «Dans la vallée du Saint-Laurent, il y a une forte sismicité mais de faible amplitude, dit Michel Bouchard. Il y a beaucoup de mouvements, beaucoup de petits séismes, mais aucun de grande magnitude. Il y a des zones plus fracturées comme Charlevoix mais là encore, les séismes sont de faible magnitude.»

M. Bouchard ajoute: «Donc, la probabilité d'avoir du 7 au Québec est extrêmement faible parce qu'on n'a pas du tout le contexte géologique qui est celui des grandes failles, des bordures de plaques continentales.»