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Trou dans la Station spatiale internationale: un «wake-up call», dit David Saint-Jacques

À quelques mois de son départ pour l'espace, l'astronaute québécois David Saint-Jacques dit suivre de près les développements entourant la découverte d'un trou dans une capsule Soyouz amarrée à la Station internationale. Cette affaire a pris une dimension étrange et controversée, cette semaine, quand l'Agence spatiale russe a déclaré qu'il pourrait s'agir d'un « acte prémédité ».

Le trou de deux millimètres de diamètre a provoqué une fuite d'oxygène qui aurait pu s'avérer dangereuse pour les membres d'équipage, mais qui a été découvert à temps et a fini par être réparé.

« Pour nous, c'est une prise de conscience [wake-up call]. Ça montre que tout l'entraînement qu'on fait n'est pas une blague. Ça peut réellement devenir utile », a dit hier en anglais David Saint-Jacques, en direct de Houston, lors de la conférence de presse officielle de l'expédition 58/59 qui amènera le Canadien dans la Station spatiale internationale le 19 décembre prochain.

L'ASTRONAUTE SURPRIS

En entrevue téléphonique avec La Presse, David Saint-Jacques a ensuite admis qu'il avait réagi « avec surprise » en entendant l'Agence spatiale russe évoquer la possibilité d'un acte délibéré. Un député russe et ancien cosmonaute a même évoqué la thèse que l'un des six astronautes à bord ait utilisé une perceuse pour saboter la capsule Soyouz et forcer un retour précipité vers la Terre.

« C'est sûr que ce sont des accusations... ouf ! Ce sont des mots forts, a laissé tomber David Saint-Jacques. J'imagine que ça reflète simplement le fait qu'ils ne veulent éliminer aucune possibilité d'emblée. »

« Je pense que la gravité de certaines accusations... nous devons être prudents », a aussi dit pendant la conférence de presse l'astronaute américaine Anne McClain, qui montera à bord de la même capsule Soyouz que David Saint-Jacques en décembre prochain en compagnie du cosmonaute russe Oleg Kononenko.

Ces propos des astronautes sont les premières réactions publiques aux déclarations russes, la NASA s'étant refusée jusqu'ici à tout commentaire. Une autre théorie veut que la capsule Soyouz ait été endommagée peu avant son lancement et qu'un employé ait caché le problème en couvrant le trou d'un produit qui se serait ensuite désintégré. La possibilité d'un défaut de fabrication qui pourrait toucher d'autres capsules, dont celle qui transportera David Saint-Jacques et ses collègues en décembre prochain, a aussi été avancée.

« PLEINE CONFIANCE »

L'astronaute québécois assure que les propos de l'Agence spatiale russe ne sont pas de nature à miner les relations entre les différents pays qui collaborent à la Station spatiale internationale ni la cohésion entre les membres d'équipage.

« Nos collègues russes ont des décennies d'expérience en vols spatiaux sécuritaires et nous leur faisons pleinement confiance. Ils vont aller au fond des choses, trouver la cause du problème et le régler », a-t-il dit.

L'Agence spatiale russe affirme maintenant écarter la thèse initiale selon laquelle une micrométéorite aurait frappé la station. Des photos mises en ligne par la NASA - et retirées depuis - montrent un trou qui semble percé de l'intérieur. Plusieurs experts l'ont aussi jugé trop régulier pour avoir été causé par un impact de météorite.

Malgré Tout, David Saint-Jacques dit continuer à croire à la thèse de la météorite. « Il est clair que ce qui est de loin le plus plausible, c'est une météorite ou un débris orbital qui a frappé la station », a-t-il dit à La Presse.




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