Les rescapés du double tremblement de terre qui a fait lundi au moins 22 morts dans l’ouest de l’Afghanistan continuaient mercredi à attendre l’arrivée de l’aide humanitaire, après avoir passé une seconde nuit en plein air par des températures glaciales.

Publié le 19 janvier
Agence France-Presse

Les sauveteurs ont aussi poursuivi leurs recherches à Qadis, un district rural et difficile d’accès qui a été le plus sévèrement touché, fouillant les décombres pour trouver d’éventuels survivants.

Deux séismes d’une magnitude 4,9, et 5,3 sont survenus lundi à deux heures d’intervalle, selon l’Institut sismologique américain (USGS), endommageant des centaines d’habitations dans la province de Badghis, épicentre des secousses.

Si quelques rescapés ont pu s’abriter à Qadis dans des tentes amenées par des équipes humanitaires, beaucoup ont dû passer une nouvelle nuit en extérieur, a constaté un correspondant de l’AFP. L’aide arrive au compte-gouttes et la majorité des victimes n’a obtenu aucun soutien.

« Nous n’avons reçu aucune aide », a déclaré Najibullah Najibi, qui se retrouve sans toit avec 19 autres membres de sa famille après l’effondrement de leur maison.

« Nous avons passé la nuit dans une tente qui nous avait été donnée l’an passé quand nous avions été touchés par des inondations », a-t-il ajouté.

« Nous avons perdu tout ce que nous avions. Nous sommes sans abri. Tout est enterré sous les décombres », a constaté Abdul Rahman, un autre survivant.

Quand la première secousse a été ressentie, la panique a saisi les habitants, a-t-il raconté. « Tout le monde s’est mis à crier. Chacun, dans chaque maison, en est sorti précipitamment et s’est enfui ».

Des images vidéo montrent des maisons en terre entièrement détruites, où des enfants fouillent dans les ruines pour récupérer ce qui peut l’être.

Enterrés sous les murs

Un rescapé, le visage couvert de boue, pouvait être vu déambulant avec un enfant dans les bras parmi les gravats, parsemés de vêtements, tapis et biens divers.

« Les murs nous sont tombés dessus. Nous avons été enterrés sous les murs […] Seules nos têtes étaient hors de la terre », a décrit un autre villageois, Khair Mohammad.

Beaucoup craignent que de nouvelles pluies ne fragilisent un peu plus les maisons qui sont encore debout. Près d’un millier d’habitations ont été endommagées, selon les autorités talibanes.

Celles-ci ont assuré que de l’aide allait être envoyée, sous la forme de tentes, nourriture et médicaments.

Ce désastre survient alors que l’Afghanistan subit déjà une situation humanitaire catastrophique, nourrie par de fortes sécheresses et qui a été aggravée par le retour au pouvoir des talibans en août.

La famine menace aujourd’hui 23 millions d’Afghans, soit 55 % de la population, selon l’ONU qui dit avoir besoin de 4,4 milliards de dollars des pays donateurs pour financer les besoins humanitaires dans le pays cette année.

L’Afghanistan est fréquemment frappé par des séismes, en particulier dans la chaîne montagneuse de l’Hindu Kush qui se trouve à la jonction entre les plaques tectoniques eurasienne et indienne.

Ils ont souvent des conséquences désastreuses, en raison de la faible résistance des maisons afghanes dans les zones rurales.