(Beyrouth) Le mouvement de grogne populaire après l’explosion au port de Beyrouth a eu raison du gouvernement libanais : lundi soir, le premier ministre Hassan Diab a annoncé la démission du gouvernement. Au même moment, les affrontements entre un groupe de manifestants et les forces de l’ordre se poursuivaient au centre-ville de Beyrouth.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

Depuis samedi, des manifestants réclamaient la tête des dirigeants, vus comme les responsables de l’explosion de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium dans le port de Beyrouth mardi dernier, qui a fait au moins 160 morts et plus de 6000 blessés.

« La catastrophe qui a frappé les Libanais au cœur […] est arrivée à cause de la corruption endémique en politique, dans l’administration et dans l’État », a dit le premier ministre dans un discours télévisé.

Professeur d’université, Hassan Diab a formé un gouvernement de technocrates en janvier dernier, après que son prédécesseur Saad Hariri eut été poussé à la démission par un mouvement de contestation populaire, débuté en octobre.

« J’ai découvert que la corruption institutionnalisée était plus forte que l’État », a ajouté M. Diab.

L’annonce n’a rien fait pour calmer les manifestants qui, pour une troisième soirée, se trouvaient au centre-ville de Beyrouth.

PHOTO FELIPE DANA, ASSOCIATED PRESS

La Presse était à l’entrée des urgences de l’hôpital Hôtel-Dieu de France au moment de l’annonce télévisée du premier ministre. Une ambulance est arrivée en trombe, déposant un manifestant blessé au bras.

Depuis samedi, les affrontements entre les forces de l’ordre et les protestataires ont fait des centaines de blessés et un mort du côté policier.

— Avec Agence France-Presse