Le président afghan Hamid Karzaï espère que le général Stanley McChrystal ne sera pas limogé par Barack Obama et considère que c'est le «meilleur commandant» des forces internationales en Afghanistan depuis le début de la guerre, a indiqué à l'AFP son porte-parole.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous espérons que cela n'arrivera pas», a répondu Waheed Omar, interrogé sur la possibilité que la Maison-Blanche limoge le général McChrystal après la parution d'un article du magazine Rolling Stone dans lequel le chef des troupes de l'OTAN en Afghanistan tient des propos explosifs sur l'exécutif américain.

«C'est une personne d'une grande intégrité, qui a une grande confiance du gouvernement et du peuple afghan», a ajouté M. Omar.

«Des progrès ont été accomplis sous sa direction», a estimé le porte-parole, précisant que MM McChrystal et Karzaï avaient évoqué la publication de l'article lors d'une rencontre dans la journée.

Barack Obama n'a pas exclu mardi de limoger le général McChrystal.

«Toutes les options sont sur la table» quant au maintien ou non du général Stanley McChrystal, 55 ans, à son poste, a dit Robert Gibbs, le porte-parole de M. Obama, lors de son point de presse quotidien. «Cette faute est d'une ampleur et d'une gravité profondes», a ajouté M. Gibbs.

Mais, a averti M. Gibbs, il faudra attendre qu'ait eu lieu une réunion à la Maison-Blanche à laquelle a été convoqué le général McChrystal mercredi pour en savoir plus sur son avenir.

Le courroux présidentiel a été provoqué lundi soir lorsque M. Obama a pris connaissance d'un article du bimensuel Rolling Stone dans lequel le général prend pour cible une bonne partie des responsables de l'administration touchant de près ou de loin la politique américaine en Afghanistan.

Le général McChrystal y égratigne le président américain, revenant sur les frictions apparues entre l'armée et la Maison-Blanche à l'automne au moment où Barack Obama mûrissait sa décision concernant l'envoi de renforts réclamés par le général.

Le général se moque également du vice-président. «Vous allez m'interroger sur Joe Biden?», demande-t-il en riant. «Qui est-ce?»

En outre, le général dit s'être senti «trahi» l'an dernier par l'ambassadeur américain à Kaboul, Karl Eikenberry, lors d'un débat à la Maison-Blanche sur la stratégie en Afghanistan.