Les États-Unis veulent mener en 2010 une offensive de grande ampleur à Kandahar, berceau des talibans dans le sud de l'Afghanistan, a indiqué vendredi un haut responsable, en soulignant que l'opération actuelle à Marjah dans la province voisine n'était qu'un «prélude».

Publié le 26 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«La façon dont nous considérons (l'offensive de) Marjah est qu'il s'agit d'un prélude tactique à des opérations plus importantes et plus complètes cette année à Kandahar, qui est un centre de population plus grand (...) et est important du point de vue stratégique. Kandahar est en effet la base arrière, la capitale en quelque sorte, du mouvement taliban», a expliqué ce responsable américain sous couvert de l'anonymat à Washington. «Fournir la sécurité, une sécurité complète à la population dans la ville de Kandahar constitue la pierre angulaire des opérations (militaires) cette année», a insisté ce responsable.

«Donc, Marjah est le prélude, une sorte d'action préparatoire» à l'offensive prévue en 2010, a-t-il dit, en précisant que le président américain Barack Obama «regarde avec attention les progrès» sur place.

Prendre le contrôle de Kandahar, selon lui, «est l'objectif pour 2010. Si notre objectif général pour 2010 est de retourner la tendance (favorable aux talibans) et récupérer du temps et de l'espace pour le déploiement (du gouvernement) afghan, il faut aller à Kandahar cette année», a-t-il insisté, en précisant que cette stratégie était conforme à la feuille de route dévoilée début décembre 2009 par le président Obama lorsqu'il a annoncé l'envoi de 30.000 soldats supplémentaires dans le pays.

«Je suis certain que les talibans parient sur le fait que nous ne serons pas capables de mener à bien (cette stratégie). Après tout, cela a été la tendance ces huit dernières années. Mais nous parions que nous allons y parvenir», a-t-il martelé.

Les autorités afghanes, soutenues par les Marines américains, ont pris jeudi le contrôle de Marjah dans la province du Helmand, au coeur d'une offensive lancée par 15.000 soldats soldats de l'OTAN et de l'armée afghane.

Marjah était l'un des objectifs de l'opération Mushtarak (Ensemble), lancée le 13 février, mais la prise de contrôle de la ville ne signifie pas la fin de l'opération. Le district de Nad Ali, plus au nord, est encore le théâtre de combats.

Le haut responsable américain a reconnu qu'il existait encore «des poches de résistance à l'extérieur» de la ville de Marjah, et que les soldats en étaient encore aux opérations de «nettoyage» du secteur avant la «consolidation» des positions. Selon lui, il faudra encore «plusieurs semaines» avant un retour à la normale.

Marjah et ses environs sont un des fiefs des insurgés islamistes et un grenier à pavot de l'Afghanistan, la matière première de l'opium et de l'héroïne dont les talibans tirent une partie de leurs ressources.

La province du Helmand, où se trouve Marjah, est un des fiefs taliban dans le sud et au moins trois autres districts de cette province seront les prochaines cibles d'une offensive, ont fait savoir des responsables de l'armée afghane et de l'OTAN.

À l'est, la province voisine de Kandahar est considérée, malgré la présence de nombreuses troupes étrangères, comme une place forte de l'insurrection.

La semaine dernière, le commandant des forces internationales en Afghanistan Stanley McChrystal avait déjà indiqué que Kandahar pourrait être la cible d'une offensive après Marjah.