Lueur d’espoir à Marioupol : 20 civils ont été évacués samedi du complexe sidérurgique Azovstal. Depuis mars, les yeux du monde entier sont rivés sur le site industriel transformé en refuge, d’où personne n’était jusqu’ici sorti.

Mis à jour le 30 avril
Léa Carrier
Léa Carrier La Presse

Aucune tentative d’évacuer Azovstal n’avait réussi avant samedi, alors qu’un premier groupe de 20 civils – des femmes et des enfants – a été sorti des décombres de l’immense complexe sidérurgique.

« [Ils] ont été transférés vers un endroit convenu et nous espérons qu’ils seront évacués vers Zaporijjia, en territoire contrôlé par l’Ukraine », a déclaré Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du régiment Azov sur Telegram.

Depuis plus d’un mois, des centaines de militaires et de civils pris au piège se terrent à Azovstal, dernier bastion de la résistance ukrainienne à Marioupol. Toute tentative de les évacuer avait été jusqu’ici perturbée par les forces russes.

La trêve prévue samedi semblait elle aussi vouée à l’échec. « Toute la nuit, l’artillerie de l’ennemi a bombardé le site. Le cessez-le-feu qui devait commencer à 6 h n’a commencé qu’à 11 h. Depuis, les deux parties le respectent. Le convoi que nous attendions à 6 h n’est arrivé qu’à 18 h 25 », a indiqué le commandant Palamar.

« Le régiment Azov continue de déblayer les décombres pour en sortir des civils. Nous espérons que ce processus va se poursuivre et que nous réussirons à évacuer tous les civils », a-t-il ajouté.

L’aéroport d’Odessa frappé

Dans le sud de l’Ukraine, l’aéroport d’Odessa a été la cible de tirs de missiles, qui n’ont heureusement fait aucune victime. « L’ennemi a frappé depuis la Crimée par un système de missile de défense côtière Bastion. La piste de l’aéroport d’Odessa a été détruite », a confirmé le gouverneur de la région Maksim Martchenko sur Telegram.

La ville portuaire de la mer Noire a été relativement épargnée par la guerre, bien qu’elle soit une clé de la campagne militaire russe. S’il met la main sur Odessa, Moscou pourrait faire la jonction à l’ouest avec l’enclave séparatiste prorusse de Transnistrie, en Moldavie.

PHOTO RICARDO MORAES, REUTERS

Pompier travaillant à l’extinction d’un incendie dans un bâtiment en feu à la suite d’une frappe russe, à Kharkiv, samedi

Au même moment, les forces russes maintenaient la pression sur les régions de l’est du pays. De violentes explosions ont retenti dans la nuit de vendredi à samedi à Kharkiv, deuxième ville en importance.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a convenu que la situation dans la région était « difficile », « mais nos militaires obtiennent des succès tactiques », a-t-il affirmé. Dans le Donbass, 14 attaques russes ont été interceptées durant les 24 heures précédentes, a déclaré samedi l’état-major des forces ukrainiennes.

Des corps torturés près de Boutcha

Un mois après le retrait des forces russes du nord de l’Ukraine, les survivants continuent de prendre la pleine mesure de l’horreur qui s’y est déroulée.

Les corps torturés de trois hommes ont été retrouvés vendredi dans une fosse commune à Myrotske, un village proche de Boutcha, symbole des atrocités imputées à la Russie.

Les victimes « avaient les mains liées, des vêtements autour du visage pour qu’elles ne voient rien, et certaines avaient des bâillons dans la bouche », a décrit le chef de police de la région de Kyiv, Andriï Nebitov, dans un communiqué.

Les hommes « ont été torturés longtemps. » « Finalement, chacun d’eux a reçu une balle dans la tempe », a-t-il ajouté.

Le porte-parole de la présidence turque a rencontré Zelensky

Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalın, a rencontré samedi le président ukrainien à Kyiv. La teneur des discussions n’a pas été révélée.

Depuis le début de la guerre, la Turquie joue le rôle de médiateur dans les pourparlers entre la Russie et l’Ukraine. La dernière fois qu’elle a accueilli des négociations directes entre les deux parties remonte au 29 mars.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’efforce désormais d’organiser un premier tête-à-tête entre le président russe Vladimir Poutine et M. Zelensky.

Avec l’Agence France-Presse