Vingt-quatre heures après avoir été mis à l’arrêt à cause des cendres du volcan Cumbre Vieja, l’aéroport de l’île espagnole de La Palma a rouvert dimanche, mais les liaisons restent suspendues par les compagnies dans l’attente d’une amélioration des conditions de vol.

Agence France-Presse

« L’aéroport de La Palma », dans l’archipel des Canaries, « est de nouveau opérationnel », a annoncé sur Twitter la société gestionnaire des aéroports espagnols (Aena), en précisant que cette réouverture avait été rendue possible par le travail « de nettoyage des cendres » effectué pendant la nuit.

Les vols peuvent donc reprendre, « avec l’accord préalable » des autorités de contrôle aérien, a ajouté l’Aena, en conseillant néanmoins aux voyageurs de consulter leur compagnie aérienne afin de s’informer sur leur vol avant de se rendre sur place.

Dimanche après-midi, les vols en provenance et à destination de La Palma restaient en effet suspendus, dans l’attente d’une amélioration de la situation.

« Nous maintenons la paralysie temporaire des vols à La Palma jusqu’à ce que les conditions permettent de voler en toute sécurité », a fait savoir sur Twitter la compagnie Binter. « Pour le moment, notre programme de vol reste annulé », a indiqué de son côté Canaryfly.

L’aéroport de La Palma, île de 85 000 habitants, avait été mis à l’arrêt samedi matin en raison de l’accumulation de cendres dégagées par le volcan Cumbre Vieja, dont l’entrée en éruption voilà une semaine a entraîné de nombreuses évacuations.

Cette décision a provoqué de longues files d’attente au port de Santa Cruz de La Palma, les voyageurs cherchant à partir en traversier vers les îles voisines, notamment Tenerife.

La fermeture temporaire de l’aéroport de La Palma a coïncidé avec l’apparition de nouveaux foyers de lave et une intensification globale de l’activité du volcan, qui a entraîné samedi de nouvelles évacuations, portant à 6200 le nombre d’habitants ayant quitté leur domicile depuis une semaine.

Près de 160 d’entre elles, évacuées samedi, ont toutefois été autorisées à regagner leur domicile dimanche, selon les autorités.

1314 hectares affectés

L’Institut volcanologique des Canaries (Involcan) a indiqué dimanche que la « pression » à l’intérieur du volcan avait diminué au cours des dernières 24 heures. « Cela ne signifie pas que l’éruption approche de sa fin », a-t-il toutefois insisté.  

Cette éruption, la première depuis 1971 sur l’île de La Palma, n’a par fait à ce stade de victime, mais a provoqué d’énormes dégâts, selon les autorités.

Selon les dernières données du système européen de mesures géospatiales Copernicus, la lave a détruit 461 bâtiments de l’éruption – soit 41 édifices de plus en 24 heures. Elle a par ailleurs recouvert 212 hectares, notamment des plantations de banane, principale activité économique de l’île.

Les cendres, quant à elles, ont affecté à ce stade 1314 hectares de terrain, selon Copernicus.

« La chute de cendres affecte les municipalités proches » du volcan mais aussi d’autres municipalités qui se situent « du côté est de l’île », a détaillé dimanche lors d’une conférence de presse le directeur technique du Plan d’urgence volcanique des Canaries (Pevolca), Miguel Ángel Morcuende.

« Tout cela n’affecte pas la qualité de l’air dans la zone habitée de l’île. La qualité de l’air est toujours bonne », a-t-il néanmoins insisté.

Les deux précédentes éruptions à La Palma ont eu lieu en 1971 et 1949. Elles ont fait au total trois morts, dont deux par inhalation de gaz.