(Erevan) Environ 20 000 personnes se sont rassemblées vendredi sur la place centrale de Erevan en soutien au principal candidat d’opposition Robert Kotcharian, au dernier jour de campagne pour des législatives anticipées de dimanche en Arménie, ont constaté des journalistes de l’AFP.  

Agence France-Presse

Jeudi, un nombre similaire de partisans du premier ministre sortant Nikol Pachinian, qui a brandi le risque d’émeutes en cas de victoire de ses opposants, s’étaient retrouvés au même endroit.  

PHOTO AREG BALAYAN, ASSOCIATED PRESS

Des partisans du premier ministre sortant Nikol Pachinian

Les manifestants de tous âges dont des familles avec enfants brandissaient des drapeaux arméniens, russes et ceux de la formation politique de M. Kotcharian, âgé de 66 ans et qui a dirigé cette petite ex-république soviétique du Caucase de 1998 à 2008.

Son bloc « Arménie » a été crédité de 29 % des intentions de vote, devançant légèrement le parti « Contrat civil » du premier ministre Pachinian dans un sondage publié vendredi.  

« Nous faisons confiance à Kotcharian, nous lui confions nos vies et le futur de notre nation », a déclaré à l’AFP une des manifestantes, Medea Petrossian, femme médecin.  

« Il a déjà sauvé notre pays du gouffre dans le passé. Même s’il y a une nouvelle guerre, [avec lui] on va la gagner. Nos frontières seront en sécurité », a-t-elle poursuivi.  

L’Arménie a perdu une guerre contre l’Azerbaïdjan, ennemi héréditaire, en automne 2020.  

Après six semaines de combats qui ont fait près de 6000 morts, Erevan a dû céder d’importants territoires qu’elle contrôlait depuis une première guerre dans les années 1990 autour du Nagorny Karabakh, région sécessionniste azerbaïdjanaise majoritairement peuplée d’Arméniens.  

Perçue comme une humiliation nationale en Arménie, cette défaite a déclenché une crise politique, forçant M. Pachinian, 46 ans dont trois en poste, à convoquer des législatives anticipées dans l’espoir de faire baisser la tension et de renouveler son mandat.