(Moscou) Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a écarté dimanche l’éventualité d’une guerre avec l’Ukraine, inquiète depuis plusieurs jours d’un renforcement des troupes russes à ses frontières.

Agence France-Presse

« Bien sûr, personne ne s’engage sur la voie de la guerre, et personne n’accepte la possibilité d’une telle guerre », a déclaré M. Peskov dans une interview à la chaîne publique Rossya 1, diffusée dans la soirée à Moscou mais dont des extraits ont été rendus publics.

« Personne n’accepte non plus la possibilité d’une guerre civile en Ukraine », a-t-il ajouté, assurant que « la Russie ne restera pas indifférente au sort des russophones vivant dans le sud-est » de l’Ukraine, où dure depuis 2014 une guerre entre les troupes de Kiev et des séparatistes prorusses.

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Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov

Selon Moscou, cette guerre qui a fait plus de 13 000 morts depuis son déclenchement est une guerre civile ukrainienne, alors que Kiev et les Occidentaux jugent évident le soutien militaire, politique et financier largement documenté de la Russie aux séparatistes.

Ces derniers jours, Kiev et plusieurs capitales occidentales ont critiqué Moscou pour avoir massé des troupes à la frontière ukrainienne et la péninsule annexée de Crimée, alors que les incidents meurtriers avec les séparatistes sont quasi-quotidiens.

Selon l’Ukraine, le Kremlin pourrait chercher un prétexte pour déclencher une opération militaire d’envergure.

Le Kremlin n’a pas démenti ces mouvements de troupes mais assure ne menacer personne, accusant à l’inverse Kiev de « provocations » visant à « aggraver la situation sur le front ».

La Russie fait tous les efforts possibles pour aider à résoudre ce conflit. Et nous continuerons à le faire sans relâche.

Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, dans une interview

Si les combats étaient quasiment à l’arrêt depuis une trêve conclue à l’été 2020, ils ont repris avec intensité ces dernières semaines. Depuis le début de l’année, 26 militaires ukrainiens ont ainsi été tués alors que le pays avait perdu seulement 50 soldats sur toute l’année 2020.

Cette reprise des combats et les mouvements de troupes russes ont poussé Kiev à a multiplié ses contacts avec les Occidentaux, Washington, Berlin et Paris assurant l’Ukraine de leur soutien et la chancelière allemande Angela Merkel demandant à M. Poutine de « réduire » la présence russe à la frontière ukrainienne.