(Rome) Le pape François est rentré lundi en milieu de journée à Rome après sa visite en Irak, la première d’un souverain pontife dans ce pays régulièrement secoué par des violences.

Agence France-Presse

L’avion transportant le pape a atterri vers 7 h 20 à l’aéroport romain de Ciampino.  

Arrivé vendredi en Irak, le pape argentin a sillonné le pays en allant à Bagdad, Mossoul et Qaraqosh, dans le nord supplicié par les djihadistes.

Il a porté la cause de l’une des communautés chrétiennes les plus anciennes, mais aussi l’une des plus dispersées dans le monde, jusque devant le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite du pays.

« L’Irak restera toujours avec moi, dans mon cœur », a lancé dimanche soir le pape âgé de 84 ans, à l’issue d’une messe devant des milliers de fidèles en liesse dans un stade d’Erbil, au Kurdistan irakien.

Le pape François tenait à rencontrer les chrétiens d’Irak — 1 % de la population contre 6 % il y a 20 ans — et a consacré à ce pays majoritairement musulman son premier déplacement à l’étranger en 15 mois.

En raison de la COVID-19, à l’exception de la messe à Erbil, il n’a à chaque fois pu rencontrer que quelques centaines de personnes et non les foules qu’il salue habituellement à travers le monde.

Tête à tête avec l'ayatollah

Le pape François souligné que son tête-à-tête le grand ayatollah Ali Sistani lui avait fait « du bien à l’âme », lors d’une conférence de presse à bord de l’avion qui le ramenait lundi à Rome.

Évoquant sa rencontre avec « un homme humble et sage », le pape argentin, grand avocat du dialogue avec l’islam, a déclaré : « cela m’a fait du bien à l’âme cette rencontre ».

« Je crois que cela a été un message universel, j’ai senti le devoir de faire ce pèlerinage de foi et de pénitence et d’aller trouver un grand, un sage, un homme de Dieu, cela se percevait simplement en l’écoutant », a ajouté François.

« C’est une personne qui a cette sagesse, mais aussi la prudence. Il m’a dit que depuis 10 ans, il ne recevait pas de visiteurs avec des objectifs politiques ou culturels, seulement ceux ayant des motifs religieux. Il a été très respectueux pendant notre rencontre et je me suis senti honoré. Il ne se lève jamais pour saluer un visiteur, mais il s’est levé pour me saluer par deux fois », a-t-il raconté.

Le pape avait signé voici deux ans « un document sur la fraternité humaine » avec le grand imam sunnite d’Al-Azhar en Égypte, négocié en secret pendant six mois, mais il n’a pas réitéré ce geste avec le grand ayatollah chiite en Irak, un représentant de l’autre grande branche de l’islam.

Il toutefois souligné qu’il y aurait « d’autres pas » dans le dialogue avec l’islam, citant le grand ayatollah Sistani qui dit que « les hommes sont ou frères par religion, ou égaux par création ».

Dans ses adresses au pays, qui s’est déclaré vainqueur du groupe djihadiste État islamique (EI) fin 2017, il a dénoncé « le terrorisme qui abuse de la religion », appelé à la « paix » et à « l’unité » au Moyen-Orient et déploré le départ des chrétiens de la région comme un « dommage incalculable ».

Il a également participé à une prière œcuménique avec les différentes fois présentes en Irak depuis des millénaires à Ur, ville natale du patriarche Abraham, père des monothéismes.