(Lisbonne) La cheffe de file de l’opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa a indiqué samedi à Lisbonne se sentir en sécurité au sein de l’Union européenne, après la demande d’extradition rendue publique la veille par la Biélorussie.

Agence France-Presse

« Je me sens physiquement en sécurité dans l’Union européenne », a déclaré Svetlana Tikhanovskaïa qui réagissait à la demande d’extradition adressée à la Lituanie, où elle a été contrainte de se réfugier, pour son rôle dans le mouvement de contestation postélectoral de 2020.

Les autorités lituaniennes ont fermement rejeté cette demande.

« Tout le monde comprend que cette demande est motivée par des raisons politiques », a ajouté Mme Tikhanovskaïa après une rencontre dans le centre de Lisbonne avec des membres de la communauté biélorusse lors d’une manifestation qui a rassemblé une centaine de personnes en soutien aux prisonniers politiques en Biélorussie.

Le régime du président biélorusse Alexandre Loukachenko réprime depuis l’année dernière un mouvement de contestation historique né de sa réélection controversée en août.

Rivale de M. Loukachenko à la présidentielle, Mme Tikhanovskaïa, figure de proue de l’opposition biélorusse, a été contrainte de se réfugier en Lituanie juste après le scrutin.

Elle est poursuivie depuis l’automne 2020 pour « appels à des actions portant atteinte à la sécurité nationale », crime passible de trois à cinq ans de prison.

À l’occasion de son voyage au Portugal, Svetlana Tikhanovskaïa s’est entretenue vendredi avec le premier ministre Antonio Costa, dont le pays assure la présidence tournante du conseil de l’UE, dans le cadre d’une tournée européenne.

À l’issue de cette rencontre, M. Costa a manifesté son soutien « au droit à manifester de manière pacifique » et à l’organisation « d’élections libres et justes ».  

« La démocratie et l’État de droit sont au cœur des valeurs européennes », a-t-il rappelé dans un message publié sur son compte Twitter.