(Londres) Un projet controversé de mine de charbon souterraine dans le nord-ouest de l’Angleterre, validé par le gouvernement, va être réexaminé pour évaluer plus précisément son impact sur l’environnement, ont annoncé mardi les autorités locales.

Agence France-Presse

Le conseil du comté de Cumbrie « va désormais reconsidérer la demande d’autorisation déposée par West Cumbria Mining afin de créer une mine de charbon métallurgique sur la côte près de Whitehaven », selon un communiqué.

Gaz à effet de serre

Cette décision a été prise en raison de la publication en décembre 2020 par le gouvernement britannique d’un rapport sur le changement climatique qui fixe le volume de gaz à effet de serre que le Royaume-Uni compte émettre sur la période 2033-2037, est-il précisé.

Le conseil du comté de Cumbrie, qui n’indique pas quand il rendra sa décision, s’était prononcé début octobre en faveur du développement de cette mine sous conditions, mais devait encore rendre sa décision définitive.

Ce projet de mine de charbon souterraine en Angleterre, le premier en trente ans, avait reçu début janvier le feu vert du gouvernement britannique, qui avait choisi de laisser les autorités locales se prononcer.

Cette position a suscité une vague d’indignation de la part d’ONG environnementales et de scientifiques, remettant en cause la crédibilité du gouvernement dans la lutte contre le changement climatique, alors même que le Royaume-Uni organise dans quelques mois la COP26 à Glasgow.

Le nouveau ministre des Entreprises, Kwasi Kwarteng, avait lui-même reconnu en janvier une « légère tension » entre les objectifs climatiques du pays et la décision de valider cette mine.

2,7 millions de tonnes par an

L’objectif de la mine est d’extraire environ 2,7 millions de tonnes par an, avec à la clé la création de 500 emplois, afin de fournir des aciéries au Royaume-Uni et en Europe.

Le projet est porté par la société West Cumbria Mining, contrôlée par la société d’investissement australienne EMR.

Le permis avait été accordé dans un premier temps à la condition que la production de la mine cesse au plus tard en 2049, soit une année avant la date limite fixée par le gouvernement britannique pour que le pays soit neutre en émission carbone.

Greenpeace a quant à elle salué l’annonce d’un réexamen de la mine.

« Si le conseil du comté de Cumbrie décide qu’il doit changer d’avis, ce serait un virage à 180 degrés bienvenu », selon Doug Parr, un responsable de l’ONG au Royaume-Uni.

« Même si la mine de charbon est abandonnée, cela reste un embarras pour le Royaume-Uni au cours d’une année où nous étions censés donner l’exemple dans la lutte sur le climat », explique-t-il.

Les pouvoirs publics avaient de leur côté rejeté début septembre le projet d’une nouvelle mine de charbon à ciel ouvert à Highthorn (nord-est de l’Angleterre), estimant qu’il aurait été nuisible à l’environnement. Ce projet avait été au préalable approuvé par les autorités locales.

Face à l’urgence climatique, le Royaume-Uni a décidé l’arrêt définitif du charbon destiné à produire de l’électricité à horizon 2025, et les centrales utilisant cette ressource s’y comptent désormais sur les doigts d’une main.