(Moscou) L’opposant russe Alexeï Navalny a qualifié sa comparution mardi devant la justice de tentative de « faire peur à des millions » de Russes et s’est lancé dans un réquisitoire contre Vladimir Poutine.

Agence France-Presse

« Le plus important dans ce procès est de faire peur à une quantité énorme de gens. On en emprisonne un pour faire peur à des millions » d’autres, a proclamé l’opposant, qui pourrait être incarcéré entre deux ans et demi et trois ans et demi pour avoir violé, selon les autorités, les termes de son contrôle judiciaire.

Rappelant l’arrestation de milliers de personnes au cours des manifestations sévèrement réprimées des deux précédents week-ends, il a dit espérer que de plus en plus de gens réalisent qu’« emprisonner des millions ou des centaines de milliers de personnes est impossible ».

« Quand ils le réaliseront, et ce moment arrivera, vous ne pourrez pas emprisonner tout le pays », a martelé Alexeï Navalny.

Il a aussi de nouveau accusé le président russe d’avoir ordonné son empoisonnement avec un agent neurotoxique l’été passé.

Vladimir Poutine « entrera dans l’histoire comme l’Empoisonneur de slips », a-t-il lâché, une allusion à la façon dont il aurait été empoisonné.

M. Navalny a aussi rappelé dans son discours ses enquêtes rendues publiques en ligne impliquant les services de sécurité (FSB), des investigations que le Kremlin dément.

« Nous avons montré et prouvé que Poutine, via le FSB, a commis cette tentative d’assassinat et je ne suis pas sa seule (victime). Beaucoup le savent désormais, d’autres le sauront, et ça rend fou ce petit être dans son bunker », a-t-il dit.

Selon M. Navalny, le poison qui a failli le tuer avait été mis sur le devant de son slip, pris dans son hôtel pendant qu’il effectuait un voyage dans la ville sibérienne de Tomsk.