(Berlin) L’Allemagne a dépassé vendredi le seuil des 50 000 morts liés à la COVID-19 depuis le début de la pandémie, au moment où les restrictions imposées à la population vont encore être durcies et prolongées jusqu’à la mi-février.

Agence France-Presse

L’institut de veille sanitaire Robert Koch (RKI) a enregistré 50 642 morts depuis le début de la pandémie il y a un an environ et 859 personnes sont décédées lors des dernières 24 heures, un chiffre en baisse en comparaison hebdomadaire.

L’institut basé à Berlin a par ailleurs répertorié vendredi 17 862 nouvelles infections à la COVID-19 en 24 heures. Le nombre total d’infections prouvées en Allemagne grimpe ainsi à 2 106 262 depuis le début de la pandémie.

Le ministre de la Santé, Jens Spahn, a voulu voir dans ces données en baisse depuis une semaine un signal « encourageant ».

Les chiffres « vont dans la bonne direction, le nombre d’infections diminue », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse, se félicitant du fait que les services hospitaliers de soins intensifs étaient un peu moins sous pression.

Un jugement partagé par le président du RKI, Lothar Wieler, qui décèle « une légère tendance positive », l’attribuant au succès des mesures draconiennes qui limitent fortement la vie sociale des Allemands et qui vont encore être durcies à partir de la semaine prochaine.  

Le ministre de la Santé a réaffirmé la nécessité de ce nouveau tour de vis pour que le nombre d’infections redevienne « contrôlable ».

« Nous sommes sur la bonne voie si nous continuons d’appliquer de manière conséquente les mesures de réduction des contacts », a renchéri Lothar Wieler.

Les autorités craignent désormais une propagation rapide de nouveaux variants du virus plus contagieux, venus de Grande-Bretagne et d’Afrique du Sud.

Toutefois aucune donnée statistique fiable n’est encore à disposition des chercheurs permettant éventuellement de voir une hausse des infections avec ces nouveaux variants, a souligné le virologue en chef de l’hôpital berlinois Charité, Christian Drosten et qui conseille le gouvernement depuis le début de l’épidémie

En début de semaine, la chancelière allemande Angela Merkel et les dirigeants des 16 États régionaux ont décidé de prolonger les restrictions et d’en imposer de nouvelles.  

Restaurants, cafés, enceintes sportives et culturelles, fermés depuis deux mois et demi, vont le rester jusqu’au 14 février au moins.  Les écoles et tous les commerces considérés comme non essentiels, fermés depuis le 20 décembre, sont également concernés.

Berlin rend également obligatoire le port de masques médicaux, FFP2 ou chirurgicaux, dans les commerces et tous les transports en commun.  

PHOTO CHRISTOPH SOEDER, ASSOCIATED PRESS

Un homme portant un masque FFP2 dans le métro de Berlin

Le télétravail s’imposera désormais partout où cela est possible et ce au moins jusqu’au 15 mars.

En signe de « solidarité » avec les malades et les proches de morts de la COVID-19, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a lancé une initiative en installant à partir de vendredi une lumière à une fenêtre du château présidentiel Bellevue.  

Il a invité tous les Allemands à faire de même ou à poster sur les réseaux sociaux une photo avec le mot-clic #lichtfenster (« fenêtre lumineuse »).  

Autre donnée publiée par le RKI : le taux d’incidence sur sept jours s’élève de son côté à 115,3 cas pour 100 000 habitants à l’échelle du pays.  

La tendance est en baisse depuis une semaine, mais l’indicateur reste bien au-dessus de l’objectif des moins de 50 cas fixé par le gouvernement.

Les chiffres des morts se basent à la fois sur les personnes décédées directement de la maladie causée par le virus et les personnes atteintes de maladies antérieures qui ont été infectées par le coronavirus et pour lesquelles la cause exacte de la mort ne peut être prouvée de manière concluante.