(Madrid) Le gouvernement espagnol a exclu vendredi Madrid et Barcelone de l’assouplissement du confinement qui permet les réunions en famille ou entre amis, qui sera accordé à partir de lundi à 70 % des Espagnols.

Agence France-Presse

Des villes comme Valence, Grenade, Malaga ou Tolède entameront lundi la première des trois phases d’un déconfinement progressif prévu jusqu’à la fin juin, rejoignant ainsi les villes du Nord et les régions rurales où depuis le début de la semaine les Espagnols peuvent se retrouver entre amis ou en famille ou s’asseoir aux terrasses des bars et des cafés.

Mais après deux mois d’un des confinements les plus stricts au monde, Madrid et Barcelone devront attendre encore au moins une semaine pour retrouver la liberté dont disposeront lundi 32 des 47 millions d’Espagnols.  

Le ministère de la Santé a expliqué que ces centres urbains, avec un trafic très important dans les transports en commun, étaient aussi « des nœuds de communication avec le reste de l’Espagne et de l’Europe », présentaient plus de risques que les zones moins touchées.

Ce sont aussi les villes les plus endeuillées par la pandémie, qui a déjà fait 27 459 morts en Espagne, dont 138 au cours des dernières 24 heures, selon le ministère de la Santé. Le nombre de cas confirmés dépasse les 230 000.

Des 138 nouveaux décès, 89 ont été enregistrés dans la région de Madrid et en Catalogne, qui comprend Barcelone, a souligné le directeur du Centre d’alertes sanitaires du ministère, Fernando Simon.

« Le risque de résurgence existe » et à certains endroits il est « très élevé » a-t-il averti. « Une ville comme Madrid si elle connaissait un regain de contagion, affecterait probablement toute l’Espagne ».

Le gouvernement a cependant allégé les mesures strictes qui restent en vigueur pour la région de Madrid, la Catalogne et la région de Castille-Léon (au Nord de la capitale).

Ainsi à partir de lundi les magasins pourront ouvrir sans rendez-vous, toujours en limitant de nombre des clients, les églises pourront rouvrir en limitant l’accueil à un tiers de leur capacité et les services sociaux pourront reprendre.

Entre-temps, l’Espagne a commencé vendredi à contrôler les étrangers arrivant dans ses aéroports, prenant leur température et leur enjoignant d’observer une quarantaine de 14 jours pour éviter une résurgence du coronavirus. Ils ne pourront sortir de leur logement que pour des achats de première nécessité et en portant un masque.

Une vidéo diffusée par le gouvernement montre comment à l’aéroport de Madrid-Barajas on prend la température des arrivants et on leur fait remplir un formulaire.

Le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska a expliqué à la radio qu’on leur demande « où ils vont se loger, chez eux ou à l’hôtel, et un numéro de téléphone pour pouvoir les localiser ».

Son ministère a prolongé vendredi jusqu’au 15 juin l’interdiction d’entrée sur le territoire espagnol de tout étranger qui ne réside pas habituellement en Espagne, à l’exception des travailleurs frontaliers, du personnel de santé, des diplomates et des transporteurs.