(Berlin) Angela Merkel a estimé vendredi que le ralentissement de la propagation du nouveau coronavirus observé actuellement en Allemagne apportait un « peu d’espoir », tout en jugeant prématuré un quelconque assouplissement des restrictions.

Agence France-Presse

« C’est vrai les derniers chiffres de l’Institut Robert Koch, aussi élevés soient-ils, apportent très prudemment un peu d’espoir », a déclaré la chancelière dans son podcast hebdomadaire.

Le président de l’Institut, Lothar Wieler a fait état vendredi d’un ralentissement de la propagation de la COVID-19, résultat selon lui des mesures de restrictions qui commencent à porter leur fruit dans la première économie européenne.

« Nous voyons que la propagation du virus ralentit […] Nous voyons que cela fonctionne », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Depuis quelques jours, une personne porteuse du virus ne contamine en moyenne plus qu’une autre personne, a-t-il expliqué, et ce « taux de reproduction » semble « se stabiliser ». Ces dernières semaines, cinq voire sept personnes étaient infectées en moyenne par un seul individu porteur de la COVID-19.

« Si ce taux descend sous un », en clair si une personne contamine moins d’une autre personne en moyenne, « alors l’épidémie va doucement diminuer. C’est notre objectif », a-t-il ajouté, disant espérer l’atteindre « dans les jours à venir » et invitant les Allemands à continuer d’observer les règles de confinement.

« Il y aura un après »

La chancelière a elle aussi fermement rejeté à ce stade tout relâchement des mesures de restriction mises en place dans le pays pour lutter contre l’épidémie.

« Il est sans conteste trop tôt pour voir […] une tendance sûre, et aussi beaucoup trop tôt pour assouplir […] les strictes règles que nous nous sommes fixées », a-t-elle insisté.

PHOTO TOBIAS SCHWARZ, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

La chancelière Angela Merkel

« Il y aura un après », a promis la chancelière, elle-même sortie vendredi de 14 jours de quarantaine après avoir été en contact avec un médecin testé positif. Elle avait passé trois tests de détection du virus, tous négatifs, mais avait décidé d’accomplir le temps recommandé de confinement complet.  

« Il y aura d’autres fêtes de Pâques où nous pourrons nous souhaiter “Joyeuses Pâques” sans restrictions », a-t-elle assuré.

L’Allemagne n’a pas décrété de confinement strict comme la France ou l’Italie, mais toutes les écoles et la plupart des magasins sont fermés. Chacun est invité à travailler chez soi quand cela est possible et les rassemblements de plus de deux personnes dans l’espace public sont interdits.  

Toutes ces mesures sont en vigueur au moins jusqu’au 19 avril.

Le chef de l’Institut Robert Koch a aussi insisté sur la nécessité d’observer les règles d’hygiène et de distanciation sociales de rigueur, et souligné que le port d’un masque en tissu pouvait « réduire le risque de contaminer d’autres personnes », même si le « porteur du masque ne sera pas lui-même protégé ».  

Selon le dernier bilan officiel de l’Institut, la première économie européenne comptait 79 696 cas officiellement recensés de coronavirus, et 1017 décès.

M. Wieler a prévenu que le nombre des morts allait encore augmenter, et qu’il était même sans doute « sous-estimé », soulignant notamment qu’il n’était pas possible de tester chacune des personnes décédées.

Bien que le taux de mortalité ait augmenté à 1,2 %, l’Allemagne résiste mieux dans ce domaine que ses voisins européens.