(Londres) Avec le cap des 500 morts en un jour franchi pour la première fois et la mort d’un adolescent de 13 ans, la pandémie de coronavirus s’accélère de manière dramatique au Royaume-Uni et les critiques montent face au manque de tests pour les soignants, débordés.

Sylvain PEUCHMAURD
Agence France-Presse

Le pays a enregistré en une journée 563 décès supplémentaires, un nouveau record selon le bilan du ministère de la Santé.

Au total, les autorités sanitaires ont dénombré 2352 morts à l’hôpital et, malgré un nombre limité de tests, près de 30 000 cas officiellement positifs, dont plus de 4000 en 24 heures.

L’épidémie a déjà infecté le premier ministre Boris Johnson, actuellement en quarantaine, le ministre de la Santé Matt Hancock ou encore le prince Charles, l’héritier de la couronne, sorti lundi des sept jours réglementaires de strict isolement recommandés par les autorités britanniques.

Il est apparu dans un message vidéo depuis sa résidence en Écosse : « Nul ne peut dire quand cela finira, mais cela finira. D’ici là, essayons de vivre dans l’espoir, avec la foi en nous-mêmes et les uns envers les autres ».

Parmi les victimes de la COVID-19 se trouve un adolescent de 13 ans qui ne souffrait apparemment d’aucune pathologie sous-jacente, selon sa famille, qui a appelé la population à rester chez elle pour « sauver des vies ».

« Fiasco »

Face à la vague de malades qui déferle, les hôpitaux souffrent d’un manque criant de personnel médical, près d’un quart se trouvant malade ou isolé par précaution sans qu’il soit possible de déterminer si ces soignants souffrent de la COVID-19 ou non faute de tests.

Selon un responsable des services hospitaliers, Chris Hopson, des tests menés sur un échantillon réduit de soignants en quarantaine ont montré que seuls 15 % étaient positifs, l’immense majorité pouvant donc en théorie retourner travailler.

Un dépistage massif permettrait d’une part de renforcer les troupes médicales, et à plus long terme, de pouvoir assouplir les conditions du confinement pour les personnes immunisées, mettant fin aux mesures strictes qui provoquent un marasme économique.

Mercredi, plusieurs journaux ont exhorté les autorités à en faire plus, le tabloïd Daily Mail pressant le gouvernement de « réparer maintenant ce fiasco du dépistage ».

Alors que les autorités n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs faute d’approvisionnement disponible, le ministre des Entreprises Alok Sharma a assuré à la presse que cette question constituait la « priorité » du gouvernement.

Selon les autorités sanitaires, plus de 10 000 tests ont été menés mardi en Angleterre, qui dispose d’une capacité de 13 000 dépistages par jour.

Le gouvernement vise 25 000 tests quotidiens d’ici à la mi-avril et même par la suite de passer à des « centaines de milliers de tests », a déclaré lors d’une conférence de Presse Yvonne Doyle, directrice médicale de Santé publique Angleterre.

Jusqu’à présent, le Royaume-Uni a conduit 143 000 tests. En comparaison, l’Allemagne, souvent montrée en exemple en Europe pour sa gestion de l’épidémie, en pratique entre 300 000 et 500 000 par semaine.

Autre front sur lequel le gouvernement est l’objet de vives critiques, le manque d’équipements de protection pour les personnels soignants, une « crise dans la crise », selon Frances O’Grady, secrétaire générale de l’Union des syndicats (TUC).

Selon le ministre Alok Sharma, 390 millions de ces équipements ont été distribués dans les trois dernières semaines à des cabinets de médecins généralistes, dentistes et pharmaciens.

La litanie des grands évènements annulés s’est encore allongée avec le festival des arts d’Édimbourg, plus grand évènement mondial de spectacle vivant qui devait se tenir au mois d’août, et le tournoi de tennis de Wimbledon, qui pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, ne se tiendra pas cette année.