(La Haye) Une association de proches des victimes du massacre de Srebrenica, une des pages les plus noires de la guerre de Bosnie (1992-1995), a déposé plainte lundi contre l’État néerlandais auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

Agence France-Presse

L’association « Mères de Srebrenica » se bat pour obtenir une reconnaissance de la responsabilité de l’État néerlandais, dont des soldats étaient déployés au nom des Nations unies dans l’enclave de Srebrenica, où près de 8000 hommes et garçons musulmans ont été tués en 1995.

Les casque bleus néerlandais blâmés... et marqués à jamais

« Les “Mères de Srebrenica” ont déposé aujourd’hui (lundi) une plainte contre l’État néerlandais auprès de la CEDH à Strasbourg », ont déclaré dans un communiqué deux avocats, Marco R. Gerritsen et Simon van der Sluijs, selon lesquels « les Pays-Bas n’ont pas pris les mesures suffisantes pour protéger » la population.

Le rôle des Casques bleus néerlandais déployés dans l’enclave de Srebrenica, limitrophe de la Serbie et placée sous la protection des Nations unies lors du conflit, reste un sujet sensible aux Pays-Bas où d’anciens soldats affirment être marqués à jamais.

Retranchés dans leur base, les Casques bleus néerlandais avaient recueilli des milliers de réfugiés dans l’enclave lorsqu’elle a été prise le 11 juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie.

Submergés, ils avaient permis aux Serbes de Bosnie d’évacuer les réfugiés, mais les hommes et les garçons ont été séparés et mis dans des bus, avant d’être tués.

L’association « Mères de Srebrenica », qui représente plus de 6000 proches de victimes, a porté l’affaire depuis 2007 devant les plus hautes cours néerlandaises, n’obtenant que partiellement gain de cause.  

La Cour suprême des Pays-Bas a estimé en 2019 que l’État néerlandais n’avait qu’une responsabilité « très limitée » dans le massacre.

« Selon la Cour suprême, ces hommes auraient probablement été tués quoiqu’il arrive, même s’ils avaient été autorisés à rester dans l’enclave. Il n’y a cependant pas eu de débat factuel sur les chances de survie », ont indiqué les avocats, évoquant « une décision tout à fait arbitraire ».

« C’est une violation de l’article 6 de la CEDH, qui stipule le droit à un procès équitable », ont-ils poursuivi.