(Londres) Le premier ministre britannique Boris Jonhson a profité de sa première rencontre dimanche avec le président russe Vladimir Poutine pour l’avertir que la « position du Royaume-Uni » sur l’affaire Skripal « n’avait pas changé », le sommant de ne pas « répéter une telle agression » sur le sol britannique.  

Agence France-Presse

Lors d’une entrevue en marge d’une conférence internationale sur la Syrie à Berlin, Boris Johnson a qualifié l’attaque contre l’ancien agent double russe Sergueï Skripal d’« utilisation imprudente d’armes chimiques et de tentative éhontée d’assassiner des personnes innocentes sur le sol britannique », ont rapporté ses services dans un communiqué.

Le 4 mars 2018, l’ex-agent double russe et sa fille Ioulia avaient été retrouvés inconscients dans un centre commercial de Salisbury (sud de l’Angleterre) et hospitalisés dans un état grave.

Londres avait accusé Moscou d’être derrière cet empoisonnement au Novitchok, un puissant agent innervant de conception soviétique, en représailles pour sa collaboration avec les services de renseignement britanniques.  

Un mandat d’arrêt avait été lancé contre deux Russes soupçonnés d’avoir perpétré l’attaque et présentés comme relevant du renseignement militaire russe (GRU), mais la Russie rejette toujours ces accusations, et ses relations diplomatiques avec Londres se sont détériorées.  

M. Johnson a déclaré à Vladimir Poutine qu’ils avaient « tous deux la responsabilité de s’occuper des questions de sécurité internationale, concernant notamment la Libye, la Syrie, l’Irak et l’Iran », mais lui a signifié que les liens entre Moscou et Londres ne reviendraient pas à la normale tant que la Russie n’aurait pas mis fin à ses « activités déstabilisatrices ».

« Il n’y aura pas de normalisation de notre relation bilatérale tant que la Russie n’aura pas mis fin à ses activités déstabilisatrices qui menacent le Royaume-Uni et nos alliés, ainsi que compromet sécurité de nos citoyens et notre sécurité collective », a fait savoir M. Johnson.

En juin dernier, une enquête indépendante du site d’investigation Bellingcat et de la BBC affirmait avoir assez d’éléments pour prouver que l’opération avait été coordonnée par un officier du GRU depuis une cachette londonienne.  

Sergueï Skripal et sa fille étaient sortis dans les mois suivant leur hospitalisation, mais leur empoisonnement a fait une victime collatérale : une femme décédée après s’être aspergée de ce qu’elle pensait être un parfum, contenu dans un flacon ramassé par son compagnon.