(Madrid) L’Espagne a officiellement franchi lundi la barre des 50 000 morts de la COVID-19 depuis le début de l’épidémie, selon le nouveau bilan annoncé par le ministère de la Santé.

Agence France-Presse

Avec 50 122 décès, soit 298 de plus que lors du dernier communiqué du ministère publié jeudi dernier, l’Espagne est le quatrième pays le plus endeuillé en Europe occidentale, derrière l’Italie, le Royaume-Uni et la France, et le 10e dans le monde.

Pour sa part, le nombre de cas atteint maintenant 1 879 413, soit 24 462 de plus que jeudi dernier. Ce total est le 9e le plus élevé au monde.

Il ne fait toutefois aucun doute que le nombre réel des victimes de la pandémie est nettement supérieur, puisque l’Institut national de la Statistique (INE) avait publié le 10 décembre un rapport détaille estimant à plus de 45 000 le nombre des Espagnols décédés de la COVID-19 entre mars et mai, durant les trois premiers mois de la pandémie, soit environ 18 000 de plus que le bilan officiel du ministère de la Santé.

Le ministère n’a toutefois pas pris ce chiffre à son compte, son bilan ne comptabilisant que les personnes dont la mort a pu être attribuée à la COVID-19 de manière certaine grâce à un test.

La sous-estimation du nombre des victimes de la pandémie est un phénomène courant, comme on a pu le voir lundi en Russie, où le gouvernement a admis un nombre total de décès depuis le début de la pandémie plus de trois fois supérieur au bilan officiel reconnu jusqu’à présent.

L’Espagne avait été l’un des premiers pays touchés par la première vague du coronavirus au printemps et aussi l’un de ceux qui avaient été frappés le plus durement, ce qui l’avait contraint à imposer un confinement particulièrement strict.

Confronté à l’automne à l’apparition d’une deuxième vague, le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez a décrété le 25 octobre un état d’urgence sanitaire et un couvre-feu (à l’exception des îles Canaries), mesures qui resteront normalement en vigueur jusqu’en mai.

Grâce à ces mesures, la situation s’était nettement améliorée en novembre, mais le nombre d’infections est depuis reparti à la hausse.

Le taux d’incidence du virus, qui était tombé sous les 200 cas pour 100 000 habitants sur une période de 14 jours, était ainsi remonté à 262 cas le 24 décembre.

Face à cette détérioration, le gouvernement central et les gouvernements régionaux ont exhorté les Espagnols à limiter strictement les réunions (de 6 à 10 personnes selon les régions) durant les fêtes de fin d’année.

Certaines régions, comme les îles Baléares, ont même renforcé leurs mesures ce weekend.

« Il faut maintenir la garde très haute », a répété lundi soir le ministre de la Santé, Salvador Illa, lors d’une conférence de presse.

Comme de nombreux pays européens, l’Espagne a entamé dimanche sa campagne de vaccination avec le vaccin de Pfizer et BioNTech.

Le gouvernent a pour objectif que 2,5 millions de personnes soient vaccinées d’ici à fin février et que le total atteigne 15 à 20 millions d’ici à l’été, sur une population totale de 47 millions.