(Souda) Les États-Unis soutiennent « fortement » le dialogue entre la Grèce et la Turquie, en conflit sur la délimitation de zones d’exploration d’hydrocarbures en Méditerranée, a déclaré mardi le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo, en visite en Grèce.

Aris MESSINIS
Agence France-Presse

L’étape grecque de sa tournée européenne visait à favoriser une « désescalade » des tensions en Méditerranée orientale où Ankara et Athènes se disputent des zones recherche.  

« Nous soutenons fortement le dialogue entre la Grèce et la Turquie, deux alliés de l’OTAN, et les encourageons à reprendre les discussions sur ces questions dès que possible », a déclaré M. Pompeo à la presse, au côté du premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, sur la base navale de l’OTAN de Souda en Crète, au deuxième jour de sa visite en Grèce.

La Turquie revendique le droit d’exploiter des gisements d’hydrocarbures dans une zone maritime qu’Athènes estime relever de sa souveraineté.

Les relations entre les deux pays voisins se sont brusquement détériorées mi-août après le déploiement d’un navire turc d’exploration escorté de navires de guerre.

Ces dernières semaines, les deux pays ont multiplié les déclarations martiales et les manœuvres militaires, avant de choisir récemment l’apaisement. Ankara et Athènes se sont dits prêts à reprendre le dialogue interrompu depuis 2016.

« Nous espérons que ces discussions pourront reprendre de manière sérieuse », a souhaité Mike Pompeo, considérant « la Grèce comme un pilier de stabilité ».  

Au dernier jour de sa visite en Grèce, le chef de la diplomatie américaine a également appelé les deux parties en conflit au Nagorny Karabakh à « mettre fin aux violences » et « reprendre les négociations aussi vite que possible ».  

Il a en outre accusé la Russie à chercher « à déstabiliser la région, particulièrement en Libye » et égratigné la Chine qui « tente d’utiliser son pouvoir économique ici et dans la région pour tirer un avantage stratégique sur les démocraties européennes ».  

« Le temps de la diplomatie »

À ses côtés, sur la base américaine de Souda, le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis s’est dit « prudemment optimiste » de voir « le retour du temps de la diplomatie » avec son voisin turc.

Estimant que « les tensions entre deux membres de l’OTAN ne profitent à personne », il a appelé de ses vœux la reprise des « discussions techniques au sein de l’OTAN », arguant que « le droit international » devait être « la boussole » pour les deux parties.

La veille à Thessalonique, dans le Nord du pays, le responsable américain, dont c’est la deuxième visite en Grèce en un an, a espéré que « les pourparlers exploratoires seraient non seulement lancés, mais qu’ils permettraient d’aboutir à des résultats que chacun des deux pays jugera plus qu’acceptables ».

« Il ne s’agit pas juste de parler, mais d’aboutir à de bonnes solutions », a-t-il dit.

Peu avant de décoller pour l’Italie, où M. Pompeo doit poursuivre sa tournée européenne, les deux hommes ont visité la base navale américaine de Souda, la principale de Méditerranée orientale.

M. Pompeo a annoncé que le USS Hershel Williams y serait déployé, « un choix parfait à la lumière de la localisation stratégique de l’infrastructure », un choix « symbolique d’un partenariat de défense qui continuera à s’étendre et à grandir », a-t-il dit.

C’était la première fois que le premier ministre grec, au pouvoir depuis un peu plus d’un an, la visitait. Kyriakos Mitsotakis, qui recevait pendant ce séjour M. Pompeo dans sa maison familiale de Crète, cherche à développer des liens militaires plus étroits avec les États-Unis.

« Notre pays veut que sa présence soit ressentie en Méditerranée orientale, et cela sera fait par l’amélioration de (la base de) Souda », a déclaré le ministre grec de la Défense Nikos Panagiotopoulos au Parlement lundi.

Avant de se rendre en Croatie, le secrétaire d’État américain sera mercredi et jeudi à Rome pour rencontrer les autorités italiennes, et évoquer notamment les efforts de l’administration de Donald Trump pour dissuader ses alliés européens d’accepter l’équipementier chinois Huawei dans le développement de leurs réseaux de téléphonie mobile 5G.