(Paris) La Hongrie va interdire l’accès à son territoire aux non-résidants dès mardi afin de tenter d’enrayer une hausse du nombre des contaminations par le nouveau coronavirus, alors que la France, où l’augmentation des cas s’accélère, et l’Allemagne misent sur le port des masques.

Indalecio ALVAREZ
Agence France-Presse

« À partir du 1er septembre, les citoyens étrangers ne seront plus autorisés à entrer sur le territoire de la Hongrie », a déclaré le chef du Bureau du premier ministre Gergely Gulyás.  

« Les citoyens hongrois qui reviennent de l’étranger doivent être mis en quarantaine pendant 14 jours ou doivent présenter deux tests négatifs », a-t-il ajouté.

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Une formation pour le personnel médical, les policiers et les militaires a été organisée jeudi devant l'hôpital Kutvolgyi de Budapest, dans l'éventualité de l'arrivée d'un autocar rempli de touristes infectés par la COVID-19.

De son côté, la Grèce a annoncé vendredi une prolongation jusqu’au 15 septembre du confinement imposé aux migrants dans les camps aux portes d’entrée de l’Europe, sur les îles et à la frontière terrestre, qui connaît une résurgence des cas de COVID-19.

Le masque partout

La France, où les autorités ont annoncé une dynamique de progression des contaminations « exponentielle » avec plus de 7000 nouveaux cas en 24 heures (contre 6111 jeudi et 5429 mercredi), a quant à elle préféré rendre le masque obligatoire partout dans sa capitale.

Depuis 8 h vendredi, le port du masque est de rigueur à tout moment dans l’ensemble des rues de Paris et de sa proche banlieue, sous peine d’une amende de 135 euros.

À la demande de la mairie, les cyclistes et les adeptes de la marche rapide en ont été in extremis exemptés.

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Un total de 21 départements (sur une centaine) sont placés en France en « zone rouge », dont celui des Alpes-Maritimes (sud-est) où doivent avoir lieu les deux premières étapes du Tour de France cycliste qui commence samedi.

Le départ à Nice se déroulera en « quasi huis clos », ont décidé les autorités, et le long du parcours dans cette ville et dans son arrière-pays montagneux, le port du masque sera obligatoire.

La ville de Berlin, en revanche, a essuyé un camouflet : la justice a levé vendredi une interdiction décrétée par la municipalité de la capitale allemande concernant une manifestation d’opposants au port du masque et aux mesures contre la COVID-19 prévue pour samedi et largement soutenue par l’extrême droite.

L’Allemagne va néanmoins faire passer à au moins 50 euros les amendes pour non-port du masque et renforcer les contrôles afin de s’assurer du respect des périodes de quarantaine.

« Encore plus difficile »

La chancelière Angela Merkel a dit vendredi s’attendre à une évolution de la pandémie « encore plus difficile » en automne et en hiver.

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La chancelière allemande Angela Merkel

« Nous avons tous bénéficié de libertés et d’une protection relative contre les aérosols pendant l’été », grâce à la « vie en plein air », a-t-elle souligné, mais la donne risque désormais de changer.

La pandémie a fait au moins 832 336 morts dans le monde depuis l’apparition du virus fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles vendredi à 7 h.

Plus de 24,5 millions de cas de contamination ont été diagnostiqués.

La fraude et la corruption frappent deux grands pays de l’hémisphère Sud en lien avec la lutte contre le coronavirus : le Brésil et l’Inde.

Wilson Witzel, le gouverneur de Rio de Janeiro, a été destitué vendredi pour des faits de corruption présumés liés à la lutte contre la COVID-19 qu’il a qualifiés de « conjectures » destinées à le « massacrer politiquement ».

Dès l’aube, des hélicoptères ont survolé sa résidence officielle, qui a été perquisitionnée dans le cadre d’une vaste opération ayant mobilisé des dizaines de policiers.

Les soupçons portent sur des détournements de fonds censés être destinés à l’achat de respirateurs et à la construction d’hôpitaux de campagne. Seuls deux des sept établissements prévus ont été finalement construits.

Revente des masques usagés

En Inde, la police a mis au jour des filières illégales de revente de masques usagés et de gants chirurgicaux parfois récupérés dans les poubelles d’hôpitaux.

La police de Navi Bombay, la ville jumelle de Bombay (ouest), a déclaré vendredi avoir saisi 3,8 millions de gants chirurgicaux à usage unique qui avaient été lavés, séchés et emballés prêts à être revendus.

Les malfaiteurs « avaient acheté près de 35 tonnes de gants usagés à différents hôpitaux et se préparaient à les céder à bas prix à des revendeurs », a déclaré à l’AFP l’enquêteur Subhash Nikam.

La pandémie continue pendant ce temps de durement frapper les économies.  

Celle du Canada s’est contractée de 38,7 % en rythme annuel au deuxième trimestre, un plongeon sans précédent dû aux contraintes imposées aux activités économiques par la pandémie.

Des baisses ont été enregistrées dans tous les secteurs y compris dans les dépenses des ménages, les investissements des entreprises, le commerce et le tourisme.

« De nombreux secteurs vont continuer à traverser des difficultés en l’absence d’un vaccin », a de son côté souligné l’économiste Brian De Pratto de la banque TD, précisant que « nous avons peut-être traversé le pire, mais c’est encore un long chemin vers la normale ».