(Rome) Les services secrets italiens n’ont aucunement été impliqués dans l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les liens entre le président Trump et la Russie, a assuré le premier ministre italien Giuseppe Conte, mercredi soir.

Agence France-Presse

Le chef du gouvernement a confirmé la tenue de deux rencontres, le 15 août et le 27 septembre, entre le procureur général des États-Unis, Bill Barr, et des responsables des services secrets italiens, dont s’était fait l’écho la presse italienne début octobre.

«Ces rencontres n’ont pas eu lieu dans des bars ou des recoins de Rome mais au grand jour, au siège des services secrets Place Dante», a-t-il dit lors d’une conférence de presse, faisant suite à son audition devant la Commission parlementaire de contrôle des services secrets, COPASIR.

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Giuseppe Conte lors de son audition mercredi devant la COPASIR.

Sollicités «par la voie diplomatique dès le mois de juin», ces entretiens ont permis d’établir que «ni les services de renseignement (italiens) ni aucun des agents n’ont été impliqués» dans l’enquête russe, a affirmé M. Conte, très critiqué pour avoir autorisé ces entrevues.

Selon M. Conte, les Américains voulaient savoir si «des agents de renseignement américains en poste à Rome et ayant opéré sur le sol italien» avaient éventuellement «travaillé en collaboration avec les services italiens». «Nous avons vérifié et contrôlé nos archives et n’avons trouvé aucun élément pouvant le laisser penser», a ajouté M. Conte, qui a affirmé n’avoir «jamais parlé ni avec M. Barr ni avec M. Trump».

M. Conte a rappelé que son audition devant le COPASIR était secrète et qu’il ne «peut pas livrer tous les détails» mais «les activités (intéressant les Américains) concernaient surtout le printemps/été 2016 et des informations sur le professeur maltais Mifsud». «Nous avons clarifié que nous ne disposons d’aucune information», a ajouté le chef du gouvernement.

Le président américain, en campagne pour sa réélection en 2020, a décrit l’enquête Mueller comme une conspiration à son encontre et ordonné au Département de la justice de lancer une contre-enquête.

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Le procureur spécial Robert Mueller.

M. Barr a eu des contacts avec des responsables officiels et des services secrets en Australie, Grande-Bretagne et Italie pour rassembler des éléments afin de discréditer l’enquête Mueller, selon le New York Times.

Selon les médias italiens, M. Barr a demandé aux services secrets italiens de lui fournir un maximum d’informations sur Josef Mifsud, un professeur d’université qui enseignait à Rome.

M. Mifsud, dont la trace s’est perdue en mai 2018, aurait promis à l’ex-conseiller de campagne de Trump, George Papadopoulos, emprisonné pour avoir menti au FBI, de lui fournir des informations contre Hillary Clinton, pendant la campagne de 2016.

Papadopoulos est convaincu que Mifsud faisait partie d’un groupe d’«espions» utilisés pour piéger Donald Trump.