(Paris) Le Français Jean-Luc Brunel, agent de mannequins et ex-proche de Jeffrey Epstein dont le nom figurait dans l’enquête américaine visant le financier américain mort en juillet, est désormais mis en cause auprès de la justice française par une ancienne mannequin qui l’accuse de viol, dans un courrier dont l’AFP a obtenu copie samedi.

Agence France-Presse

Dans cette lettre envoyée jeudi au procureur de la République de Paris Rémy Heitz et révélée par le site français d’information Mediapart, cette Néerlandaise de 46 ans affirme avoir été droguée et violée par M. Brunel dans un appartement parisien au début des années 1990, alors qu’elle était tout juste majeure.

Selon son récit, plusieurs mannequins vivaient dans ce logement situé avenue Hoche, près des Champs-Élysées à Paris, et des réceptions y étaient organisées « quotidiennement » avec « de riches hommes d’affaires qui étaient accompagnés de très jeunes filles ».

« Les faits étant prescrits, ma cliente sait que son témoignage ne pourra pas aboutir à des poursuites contre M. Brunel. Mais elle a souhaité quand même témoigner, afin de faire avancer l’enquête », a assuré à l’AFP Anne-Claire Le Jeune, l’avocate de cette ex-mannequin qui a demandé à conserver son anonymat.

Alerté sur de potentielles victimes françaises, le parquet de Paris avait ouvert en août une enquête pour « viols » et « agressions sexuelles », notamment sur mineures, dans le cadre de l’affaire du financier américain Jeffrey Epstein, déjà poursuivi aux États-Unis avant sa mort en prison.

Le nom de Jean-Luc Brunel, fondateur des agences de mannequins Karin Models et MC2 Model Management, apparaissait déjà dans la procédure américaine.

Une des principales plaignantes, Virginia Giuffre, a affirmé avoir été forcée à avoir des rapports sexuels avec M. Brunel.  

Dans une première procédure aux États-Unis close en 2007, deux femmes l’avaient déjà accusé de jouer le rôle de rabatteur pour Jeffrey Epstein, amenant aux États-Unis des « jeunes filles » venues de milieux modestes en leur faisant miroiter des emplois dans le mannequinat.  

Contacté par l’AFP, le parquet de Paris a indiqué ne pas vouloir communiquer « sur les investigations réalisées à ce stade ».

Jean-Luc Brunel, pour sa part, n’a pu être joint.

Selon le journal Le Parisien, deux autres femmes affirmant avoir été victimes d’agressions sexuelles de la part de Jean-Luc Brunel ont été auditionnées ces derniers jours par les policiers responsables de l’enquête française, pour des faits là aussi prescrits.

Le septuagénaire a été aperçu début juillet dans une soirée huppée près de Paris, mais n’a pas été remarqué depuis.