(Londres) Le nouveau premier ministre britannique Boris Johnson a dénoncé mercredi une « collaboration terrible » entre des élus de son pays et l’Union européenne, qui l’empêche selon lui de renégocier l’accord de Brexit.

Agence France-Presse

« Il y a une collaboration terrible en cours entre les gens qui pensent qu’ils peuvent bloquer le Brexit au Parlement et nos amis européens », a-t-il déclaré lors d’une session en direct de questions-réponses avec des internautes sur Facebook.

« Nos amis européens ne bougent pas […] Ils ne font aucun compromis sur l’accord de retrait, même s’il a été rejeté trois fois » par le Parlement britannique, a-t-il souligné lors de son intervention d’une quinzaine de minutes, visionnée par près de 7500 internautes connectés. « Ils s’en tiennent à chaque lettre, à chaque virgule de l’accord […] car ils pensent que le Brexit peut être bloqué au Parlement ».

« Plus ça va, plus il est probable que l’on soit forcé de partir avec un Brexit sans accord », a-t-il estimé.

Le chef de gouvernement, qui a succédé à Theresa May le 24 juillet, a assuré que le Royaume-Uni quitterait l’UE le 31 octobre, jour prévu du Brexit, qu’il ait réussi ou non à renégocier l’accord conclu entre l’ancienne première ministre et Bruxelles.

Il n’a pas écarté la possibilité de suspendre le Parlement en octobre pour empêcher les députés de bloquer une sortie sans accord.

Mais ce scénario rencontre une forte opposition. « S’il y a une tentative de contourner, d’outrepasser ou – que Dieu nous en préserve ! – de suspendre le Parlement […] je me battrai de toutes mes forces pour l’empêcher », a déclaré mardi soir John Bercow, président de la Chambre des communes.

L’ex-ministre des Finances Philip Hammond a aussi prévenu qu’un Brexit sans accord « serait une trahison du résultat du référendum de 2016 », qui a vu le oui en faveur du divorce avec l’Union européenne l’emporter à 52 %.

« Prétendre que les électeurs favorables à une sortie de l’UE ont voté pour un Brexit dur sans accord est un travestissement de la vérité », a-t-il écrit dans une tribune publiée mercredi dans le journal The Times.

Lors de la campagne du référendum, les conditions du divorce n’avaient pas fait l’objet de débats.