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Theresa May dépose les armes

Arrivée au pouvoir dans la foulée du référendum... (PHOTO SIMON DAWSON, REUTERS)

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Arrivée au pouvoir dans la foulée du référendum sur le Brexit, Theresa May jette l'éponge avant d'avoir pu concrétiser le verdict des urnes.

PHOTO SIMON DAWSON, REUTERS

(Londres) Son départ avait été annoncé si souvent que les Britanniques n'y croyaient plus. Arrivée au pouvoir dans la foulée du référendum sur le Brexit, Theresa May jette l'éponge avant d'avoir pu concrétiser le verdict des urnes.

À force de jouer les funambules entre tenants et adversaires du Brexit, la première ministre a essuyé d'innombrables tirs croisés au sein d'une classe politique profondément divisée. Le rejet de sa dernière proposition et la démission d'une ministre importante, mardi, ont finalement eu raison d'elle.

Lorsqu'un policier s'est emparé de Larry, le chat du 10, Downing Street, pour l'enfermer à la maison, hier matin, les Britanniques ont compris que l'heure était grave.

Lorsqu'un policier s'est emparé de Larry, le chat... (PHOTO TOLGA AKMEN, AGENCE FRANCE-PRESSE) - image 2.0

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Lorsqu'un policier s'est emparé de Larry, le chat du 10, Downing Street, pour l'enfermer à la maison, hier matin, les Britanniques ont compris que l'heure était grave.

PHOTO TOLGA AKMEN, AGENCE FRANCE-PRESSE

La première ministre est sortie par la même porte. « Je crois toujours, après trois ans, que dans une démocratie, il faut réaliser la volonté des électeurs après leur avoir demandé leur opinion. Je crois avoir eu raison de persévérer, même dans l'adversité. Mais il est devenu clair pour moi qu'il est dans l'intérêt du pays qu'un nouveau premier ministre prenne le relais », a-t-elle dit.

Plus loin dans son allocution, l'émotion a été la plus forte. « Je quitterai prochainement mes responsabilités. Les occuper a été le plus grand honneur de ma vie », a continué Mme May, refoulant ses larmes. « Je m'en irai sans rancune et avec un sentiment intense de gratitude d'avoir eu l'occasion de servir le pays que j'aime. »

Humiliée et trahie

Trois heures plus tard, des camions orange déversaient des milliers d'exemplaires de l'Evening Standard partout dans Londres. « J'ai fait tout ce que j'ai pu », titrait le journal, avec une photo de Mme May, le visage défait. « May part en pleurant », criaient les affiches installées pour attirer les lecteurs.

À la gare de Liverpool Street, près du district financier de la City, Mary Chrichton et John Hutt avaient le nez plongé dans le journal de fin de journée en attendant leur train. La première avait de la compassion pour la première ministre, humiliée à de nombreuses reprises dans les derniers mois par des rebuffades et des trahisons constantes. « Je ne comprends pas ce qui se passe dans la tête de quelqu'un qui s'accroche aussi longtemps à son poste malgré les revers », a-t-elle dit.

« Ce n'est pas une surprise. Ça fait longtemps qu'on voit ça venir. Je crois que ça va créer beaucoup plus de chaos que ça n'en dissipe. »  - John Hutt

Est-ce que le Royaume-Uni se portait mieux avec Mme May aux commandes ? « Disons que c'est mettre la barre bien bas. »

Le « chaos » auquel le voyageur fait référence rime avec course à la direction du Parti conservateur. Dans l'espoir de séduire la base du parti, très favorable au Brexit, les aspirants risquent fort de verser dans la surenchère contre Bruxelles. Une course vers la ligne dure qui pourrait avoir un grand impact sur la suite des négociations.

Parmi les candidats annoncés ou pressentis, le meneur incontestable est l'ex-maire de Londres et ex-ministre Boris Johnson, le héros des Brexiters pressés. À la tête de plusieurs mutineries contre la première ministre, il aura peut-être l'occasion de montrer s'il connaît la façon de trancher le noeud gordien qu'est devenu le Brexit. D'autres collègues conservateurs, dont le ministre Jeremy Hunt et l'ex-ministre Andrea Leadsom, qui a claqué la porte du cabinet mardi, veulent aussi tenter leur chance.

Mais les aiguilles de l'horloge continuent de tourner. La date butoir du 31 octobre tient toujours et aucune solution ne se dessine. Le reste de l'Europe a indiqué hier que la démission de la première ministre ne changeait rien au fond du problème.

« Il faut réaliser le Brexit »

Au 10, Downing Street, hier après-midi, les journalistes occupaient leur campement habituel, alors que des employés au visage long quittaient les lieux un à un.

De l'autre côté des barrières de sécurité gardées par des policiers armés jusqu'aux dents, une foule de touristes donnaient leur avis dans toutes les langues du monde sur cet étrange endroit, centre du pouvoir britannique : un bâtiment aux airs de simple maison en rangée à l'ombre de Big Ben.

Parmi les étrangers, le Londonien Michael Davers avait fait le détour pour marquer le coup. « En fait, je trouve ça assez triste, a-t-il dit. Ça ne règle aucun de nos problèmes, elle a été transformée en tête de Turc pour les autres politiciens. » Lui-même n'était pas favorable au Brexit, mais maintenant que la population s'est prononcée par référendum, la marche arrière n'est plus possible. « Il faut réaliser le Brexit, mais le Parlement ne le veut pas », a-t-il analysé, l'air sombre.

Steven Forbes a lui aussi fait un détour pour passer devant la résidence de la première ministre, mais avec le coeur plus léger. Son objectif : amuser ses amis en diffusant une photo sur le réseau social Snapchat. Avec un commentaire : « Je suis juste venu déposer mon CV. »




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