Source ID:; App Source:

France: Serge Dassault inculpé d'achat de votes

Serge Dassault, 89 ans, une des grandes fortunes... (PHOTO ÉRIC PIERMONT, ARCHIVES AFP)

Agrandir

Serge Dassault, 89 ans, une des grandes fortunes de France, a notamment été mis en examen pour achat de vote, complicité de financement illicite de campagne électorale et financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé.

PHOTO ÉRIC PIERMONT, ARCHIVES AFP

Jacques CLEMENT, Nicolas GAUDICHET
Agence France-Presse
Paris

L'industriel français et sénateur UMP Serge Dassault a été mis en examen jeudi dans l'enquête sur un système d'achats de votes présumés dans sa ville de Corbeil-Essonnes.

L'ancien maire de cette ville de l'Essonne, âgé aujourd'hui de 89 ans, a notamment été mis en examen pour «achat de votes», «complicité de financement illicite de campagne électorale» et «financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé», a appris l'AFP de source judiciaire. Son audition par les juges s'est étalée sur plusieurs jours.

Aucun contrôle judiciaire ne lui a été imposé. Contacté, l'entourage de Serge Dassault n'a pas souhaité faire de commentaire.

L'industriel avait été placé en garde à vue les 19 et 20 février dans le cadre de cette enquête ouverte à Paris. Une semaine plus tôt, le Sénat s'était résolu, après une première demande infructueuse des juges, à lever son immunité parlementaire.

Il était ressorti libre des locaux de l'Office central contre la corruption et les infractions financières et fiscales, à la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine), mais en sachant qu'il serait ultérieurement convoqué chez les juges d'instruction du pôle financier de Paris, Guillaume Daïeff et Serge Tournaire, pour un interrogatoire en vue d'une éventuelle mise en examen.

«Il doit aux Corbeil-Essonnois et à la justice de rendre des comptes», a réagi jeudi son opposant historique Bruno Piriou, candidat communiste malheureux aux dernières municipales, «c'est un homme qui ne cesse de jouer avec la loi». Pour le député socialiste de l'Essonne Carlos Da Silva, également candidat à la mairie, «Dassault est l'instigateur d'un système odieux qui lui a permis de conquérir le pouvoir et de le conserver dans des conditions insupportables».

«Les affaires, je m'en fous»

Malgré les soupçons, le bras droit et successeur de l'ancien maire de Corbeil, Jean-Pierre Bechter, a été largement réélu fin mars aux municipales à la tête d'une liste UMP dont la dernière place était dévolue à Serge Dassault. «Nous, ça fait trente ans qu'on travaille et qu'on a bonifié cette ville et les gens s'en sont aperçus», avait claironné l'avionneur au soir du scrutin, tout sourire aux côtés de son dauphin. «Les affaires, je m'en fous. Il n'y a rien, il n'y a que des mensonges.»

Jusqu'à présent, s'il a reconnu des dons, il a toujours réfuté un quelconque lien avec de la corruption électorale lors des municipales de 2008, 2009 et 2010, les trois scrutins qui intéressent les magistrats instructeurs.

Le propriétaire du groupe d'aéronautique de défense a été maire de la ville de 1995 à 2009, année où un scrutin avait été annulé par le Conseil d'État pour des achats de votes. Dans la foulée, Jean-Pierre Bechter avait été élu à la mairie.

Ce dernier avait déjà été mis en examen par les juges, comme quatre autres protagonistes: l'une de ses adjointes, Cristela de Oliveira, un cadre local de l'UMP, Jacques Lebigre, et deux intermédiaires présumés du système, Younès Bounouara et Mamadou Kébé.

Les juges ont réuni plusieurs éléments depuis l'ouverture de l'information judiciaire il y a un an. Ils enquêtent sur sept millions d'euros qui auraient pu atterrir entre les mains d'intermédiaires, notamment via des fonds venant du Liban.

Ils disposent du témoignage de Mamadou Kébé, qui a décrit dans Le Monde un système structuré mis en place pour démarcher les électeurs.

Victime début 2013 d'une tentative d'assassinat à Corbeil-Essonnes, qu'il soupçonne d'être liée à des disputes autour de la rémunération d'intermédiaires, un autre homme, Rachid Toumi, a livré un témoignage similaire, évoquant des promesses d'argent, de logements ou d'emplois aux électeurs, selon une source proche du dossier.




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer