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Référendum en Catalogne: bras de fer entre Barcelone et Madrid

Les indépendantistes ont multiplié les démonstrations de force... (PHOTO ALBERT GEA, REUTERS)

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Les indépendantistes ont multiplié les démonstrations de force à l'occasion des deux dernières «Diada» (Jour de la Catalogne), célébrées tous les ans le 11 septembre.

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Daniel Bosque
Agence France-Presse
Barcelone

Les nationalistes catalans ont entamé un bras de fer avec Madrid jeudi en annonçant un référendum le 9 novembre 2014 sur l'indépendance de leur région, tandis que le gouvernement espagnol a promis que cette consultation «n'aurait pas lieu».

L'annonce faite par le président nationaliste de cette région du nord-est de l'Espagne, Artur Mas, a suscité la colère du gouvernement central, le ministre de l'Intérieur, Jorge Fernandez-Diaz, dénonçant une «erreur historique, une confrontation sociale sans précédent en Catalogne».

«Je veux le dire très clairement : ce référendum n'aura pas lieu. C'est hors de toute discussion et de toute négociation», a affirmé le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

À ses côtés à Madrid, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a rappelé qu'une proclamation d'indépendance de la Catalogne signifierait une sortie de ce territoire de l'Union européenne.

««Voulez-vous que la Catalogne soit un État ? Oui ou non ?» sera la première question. Et si la réponse est «oui», «Voulez-vous que cet Etat soit indépendant» sera la deuxième», avait déclaré Artur Mas, un peu plus tôt à Barcelone, en annonçant la date du 9 novembre 2014.

La Catalogne, l'une des 17 régions autonomes d'Espagne, à la très forte identité culturelle et linguistique, est en proie à une forte poussée indépendantiste depuis plus d'un an, sous l'effet notamment de la crise économique qui a alimenté les rancoeurs envers l'Etat central.

Alors que ce projet couvait depuis des mois, Artur Mas a expliqué jeudi qu'un accord avait été conclu avec les composantes de la majorité au Parlement régional, dont la gauche indépendantiste de l'ERC.

Selon lui, le choix de la date «laissera le temps à l'État espagnol, aux institutions de l'État, pour négocier avec les autorités catalanes la forme que doit prendre cette consultation dans les cadres légaux existants».

«Je ne peux négocier sur la souveraineté du peuple espagnol», a rétorqué Mariano Rajoy.

Artur Mas est en conflit ouvert avec le gouvernement conservateur depuis que Mariano Rajoy a rejeté, en septembre 2012, sa demande d'un «pacte fiscal» octroyant plus d'autonomie financière à cette région de 7,5 millions d'habitants, lourdement endettée et qui représente environ un cinquième de la richesse de l'Espagne.

Depuis, la polémique fait rage, les partisans et les adversaires de l'indépendance semblant se radicaliser, sous le regard inquiet de l'Union européenne.

Artur Mas, au départ modéré, a durci le ton, poussé par la gauche indépendantiste, deuxième force du Parlement régional depuis novembre 2012, et s'est très vite engagé à organiser un référendum d'autodétermination en 2014.

Les indépendantistes ont multiplié les démonstrations de force à l'occasion des deux dernières «Diada», le Jour de la Catalogne, célébré tous les ans le 11 septembre.

En 2012, une manifestation avait réuni des centaines de milliers de personnes à Barcelone. Cette année, une immense chaîne humaine a relié le nord au sud de la région.

Pour y répondre, des dizaines de milliers de manifestants, soutenus par le Parti populaire, de droite, au pouvoir à Madrid, se sont rassemblés le 12 octobre dans la capitale catalane, sous une bannière espagnole géante, pour défendre l'unité de l'Espagne.

Car le gouvernement central a affirmé à plusieurs reprises qu'il s'opposerait par tous les moyens légaux à un référendum sur l'indépendance, qu'il juge anticonstitutionnel.

Cette annonce surgit au premier jour du colloque «Espagne contre Catalogne : un regard historique (1714-2014)» organisé par les autorités catalanes et qui a ravivé l'ire de Madrid. C'est en effet le 11 septembre 1714 que Barcelone a été prise par les troupes franco-espagnoles, une date hautement symbolique pour les indépendantistes catalans.

Le chef de file régional du PP, Mme Alicia Sanchez-Camacho, a accusé mercredi les nationalistes catalans d'avoir «déclenché la spirale de la haine et la spirale de l'affrontement».

Selon un récent sondage du Centre d'études d'opinion de Catalogne, 48,5% des personnes interrogées se disent en faveur de l'indépendance et 18,6% préfèrent le système de régions autonomes actuel.

Riche région qui fut longtemps le moteur économique de l'Espagne, la Catalogne est désormais celle qui ploie sous la dette la plus lourde (52,6 milliards d'euros fin juin, 26,6% de son PIB).

En janvier, elle a même dû demander plus de neuf milliards d'euros au fonds d'aide mis en place par Madrid.

Des opposants au projet d'indépendance de la Catalogne... (PHOTO JOSEP LAGO, AFP) - image 2.0

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Des opposants au projet d'indépendance de la Catalogne brandissent des drapeaux espagnols durant une manifestation à Barcelone, le 6 décembre.

PHOTO JOSEP LAGO, AFP

Le ministre de la Justice Alberto Ruiz Gallardon l'a martelé jeudi, juste après l'annonce d'Artur Mas: «Le vote n'aura pas lieu et il n'aura pas lieu, car notre Constitution n'autorise aucune communauté autonome à soumettre à un vote ou à un référendum les questions touchant à la souveraineté nationale», a-t-il déclaré devant la presse à Madrid.

Cette annonce surgit au premier jour d'un colloque organisé par les autorités catalanes qui a ravivé l'ire du gouvernement central, à commencer par son intitulé: «Espagne contre Catalogne: un regard historique (1714-2014)».

La chef de file régionale du PP, Alicia Sanchez Camacho, a accusé mercredi les nationalistes catalans d'avoir «lancé la spirale de la haine et la spirale de l'affrontement».

Selon un récent sondage du centre d'études d'opinion de Catalogne, 48,5 % des personnes interrogées se disent en faveur de l'indépendance et 18,6 % préfèrent le système de régions autonomes actuel.

Riche région du nord-est de l'Espagne, pendant longtemps son moteur économique, la Catalogne est désormais celle qui ploie sous la dette la plus lourde: 52,6 milliards d'euros (près de 77 milliards de dollars) fin juin, 26,6 % de son PIB.

En janvier, elle a même dû demander plus de neuf milliards d'euros (plus de 13 milliards de dollars) au fonds d'aide mis en place par Madrid.




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