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France: auditions en série sur le scandale de l'ex-ministre menteur

L'ex-ministre français Jérôme Cahuzac... (PHOTO : KENZO TRIBOUILLARD, ARCHIVES AFP)

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L'ex-ministre français Jérôme Cahuzac

PHOTO : KENZO TRIBOUILLARD, ARCHIVES AFP

Samir Tounsi
Agence France-Presse
Paris

Grand déballage dans l'affaire de l'ex-ministre français ayant menti sur un compte bancaire secret à l'étranger: des députés ont entamé mardi - procédure rare en France - une série d'auditions publiques pour déterminer si Jérôme Cahuzac a bénéficié ou non de protections étatiques.

Grand déballage dans l'affaire de l'ex-ministre français ayant menti sur un compte bancaire secret à l'étranger: des députés ont entamé mardi - procédure rare en France - une série d'auditions publiques pour déterminer si Jérôme Cahuzac a bénéficié ou non de protections étatiques.

Trois ministres en exercice doivent être entendus dans le cadre de ces auditions menées par une commission d'enquête parlementaire créée à la demande des centristes: Pierre Moscovici (Économie), ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac pendant dix mois de mai 2012 à sa démission en mars 2013, Manuel Valls (Intérieur), et Christiane Taubira (Justice).

La commission vise à déterminer «d'éventuels dysfonctionnements» dans l'action de l'exécutif socialiste entre le 4 décembre 2012, date des premières révélations du site d'information Mediapart sur le compte en Suisse non déclaré de l'ex-ministre au Budget, et le 2 avril 2013, date de sa mise en examen.

Jérôme Cahuzac, inculpé pour blanchiment de fraude fiscale après avoir reconnu qu'il avait détenu un compte à l'étranger, comparaîtra également devant la commission à une date non encore rendue publique. Les députés doivent rendre leurs conclusions avant l'été.

Mardi, l'ex-ministre a indiqué sur la radio privée RTL que sa fraude s'élevait au total à 685 000 euros (900 000 dollars canadiens). Il a aussi dit, sans autre précision, avoir «commis d'autres erreurs plus chroniques et plus récentes», mais réserver sur ce point ses explications à la justice.

«Je suis en train de faire un livre pour expliquer dans quel contexte les choses se sont passées, les raisons pour lesquelles j'ai été amené à avoir cette attitude», a déclaré l'ex-chirurgien prospère.

«Ceux qui voulaient savoir, le pouvaient»

Dans la matinée, les deux journalistes de Mediapart à l'origine des révélations dans l'affaire Cahuzac, ont pris place devant les députés pour livrer leur version.

«Tous ceux qui voulaient savoir au coeur de la République, pouvaient savoir», a affirmé Edwy Plenel, fondateur en 2008 de Mediapart après une longue carrière au quotidien français de référence Le Monde.

Le journaliste d'investigation a affirmé avoir rencontré le 18 décembre, deux semaines après les premières révélations, des collaborateurs du président François Hollande.

Accompagné du journaliste Fabrice Arfi, Edwy Plenel a aussi dénoncé «l'utilisation de l'administration policière pour porter atteinte au secret des sources».

«La police a été mise en branle pour surveiller les rapports téléphoniques entre Edwy Plenel et l'un des protagonistes de l'affaire», a indiqué Fabrice Arfi. «Nous ne savons pas si le ministre de l'Intérieur en personne est au courant de ces investigations».

Mardi après-midi, la commission d'enquête, qui regroupe une dizaine de députés de droite et de gauche, devait entendre un ancien adversaire politique de Jérôme Cahuzac, Michel Gonelle. Cet avocat détenait depuis 2001 un enregistrement de Jérôme Cahuzac, réalisé à son insu, évoquant son compte suisse.

Jusqu'à présent, les membres du gouvernement ont toujours assuré n'avoir pas cherché à protéger Jérôme Cahuzac et avoir cru ses mensonges.

«La vérité est très simple: jusqu'au jour où Jérôme Cahuzac a fait l'aveu qu'il avait menti, personne, je dis bien personne, dans le gouvernement n'était au courant de cela», a encore proclamé mardi Pierre Moscovici sur la radio RMC, affirmant que l'administration fiscale avait été «exemplaire» sous son autorité.

Successeur de Jérôme Cahuzac au poste de ministre du Budget, Bernard Cazeneuve a annoncé de son côté dans le quotidien Le Parisien un durcissement des sanctions contre la fraude fiscale, «jusqu'à sept ans de prison pour les cas les plus graves».




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