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Grèce: l'urgence d'un gouvernement d'union nationale

Le chef de file de la Nouvelle Démocratie,... (Photo: Petros Giannakouris, AFP)

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Le chef de file de la Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras (à droite) rencontre Alexis Tsipras, chef de la gauche radicale du Syriza.

Photo: Petros Giannakouris, AFP

Alain Navarro
Agence France-Presse
Athènes

La Grèce tentait lundi de se doter dans la journée d'un gouvernement d'union nationale après la victoire aux législatives de la droite, afin d'ancrer un maintien hypothétique dans l'euro.

Le chef de file de la Nouvelle Démocratie (ND), Antonis Samaras, 61 ans, s'est fixé l'objectif de former « immédiatement » un tel cabinet « de salut national » sur une ligne « pro-euro », n'ayant pas obtenu la majorité.

Prônant le maintien du pays dans la zone euro à tout prix, M. Samaras a cependant estimé qu'il devait « mener les négociations nécessaires du plan » de rigueur, imposé à la Grèce depuis 2010.

« Il y a un impératif catégorique de former un gouvernement » dès lundi a affirmé pour sa part le président de la République, Carolos Papoulias qui a confié à Samaras, un mandat « exploratoire » pour tenter cette tâche difficile.

« Le peuple grec a voté pour que la Grèce reste dans l'euro, le pays n'a pas une minute à perdre. Nous ne pouvons continuer avec un pays à la dérive », avait souligné M. Samaras après l'avoir emporté à l'arraché sur Alexis Tsipras, 37 ans, chef de la gauche radicale du Syriza.

Plusieurs hauts responsables internationaux ont immédiatement fait part de leur soulagement, et dit leur volonté de poursuivre l'appui massif à ce pays de 11 millions d'habitants, devenu « l'homme malade » de l'Europe.

Paris, Bruxelles et même Berlin ont déjà donné des signes d'un possible assouplissement, au moins dans les délais, du mémorandum, le plan de rigueur négocié avec les prêteurs internationaux en contrepartie de l'aide financière « Nous continuerons à soutenir la Grèce en tant que membre de la famille de l'UE et de la zone euro », ont déclaré en commun les présidents de l'UE, Herman Van Rompuy, et de la Commission, José Manuel Barroso, en marge du sommet du G20, à Los Cabos, au Mexique.

Les marchés financiers ont accueilli avec beaucoup de prudence le vote des Grecs, craignant seulement un répit. La Bourse d'Athènes a bondi à l'ouverture jusqu'à 6,9 % dans les premiers échanges.

La ND l'a emporté avec 29,66 % des voix, s'adjugeant 129 sièges sur 300 au Parlement, suivi par le Syriza, à 26,89 % et 71 sièges, et le Pasok socialiste, selon les résultats officiels.

« Un verdict en forme de soupir de soulagement », titrait le quotidien de centre droit Kathimerini, alors que Ta Néa, au centre gauche, exigeait à la une « Un gouvernement, tout de suite! ».

Pour le politologue John Loulis, « il s'agit d'un vote de peur de sortie de l'euro, pas d'un soutien réel aux réformes ». « Le gouvernement sera fragile, sans grande base populaire, le pays risque de n'avoir qu'un répit », a-t-il dit à l'AFP

Une polarisation très nette a bénéficié à la ND et à Syriza, le parti communiste KKE enregistrant une chute historique, mais le parti néonazi l'Aube dorée, Chryssi Avghi a conforté sa position, avec 18 députés.

Plongeant le pays dans le brouillard, provoquant une exaspération en Europe et la suspension du versement de 2,6 milliards d'euros (3,4 milliards de dollars) d'aide, le précédent scrutin du 6 mai n'avait pas dégagé de majorité ou de coalition de gouvernement.

Depuis, la Grèce semble au bord de la faillite, les indicateurs sont au rouge vif : un PIB en chute de 6,5 %, le chômage à 22,6 %, une hémorragie quotidienne des dépôts bancaires, et des caisses publiques qui pourraient être vides mi-juillet.

Si M. Samaras échouait à forger en trois jours un cabinet d'union, le poker politique se poursuivrait, mené cette fois par Alexis Tspiras, chef du parti de gauche radicale Syriza.

Ce dernier, que M. Papoulias doit rencontrer lundi après-midi, a exclu toute alliance, optant pour l'opposition.

Courtisé par M. Samaras, auquel il apporterait les sièges nécessaires pour une majorité absolue au Parlement, le chef du Pasok, Evangelos Vénizélos, a, jusqu'à présent, conditionné sa participation à celle du Syriza et d'autres formations.

« L'enjeu majeur de ce scrutin ayant été la formation d'un gouvernement pro-euro, il n'y a pas d'autre alternative qu'une coalition entre la droite et les socialistes », a estimé à l'AFP Thomas Gérakis, analyste politique et directeur de l'Institut de sondage Marc.

Si M. Vénizelos maintenait sa position, le spectre d'une impasse politique resurgirait. Le chef de l'État reprendrait la main pour une ultime tentative d'entente, qui peut courir sur plusieurs jours.

M. Samaras se présente comme le garant du maintien de la Grèce dans la zone euro, tout en voulant renégocier le « mémorandum », le plan de rigueur négocié avec les prêteurs internationaux en contrepartie de l'aide financière.

En deux ans, une aide massive de 347 milliards d'euros (450 milliards de dollars) - deux prêts de 110 et 130 milliards courant jusqu'en 2015, et un effacement de dette de 107 milliards -, a été accordée à la Grèce, l'équivalent d'une fois et demie son PIB.

« Les termes du compromis, à signer d'ici septembre, porteraient sur un délai supplémentaire de deux ans de 2014 à 2016 pour l'assainissement budgétaire », a affirmé à l'AFP un ancien conseiller de l'ex-premier ministre à la tête d'un gouvernement d'union nationale, Lucas Papademos.




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